G5 Sahel : un déploiement de plus, une dépense publique de trop

G5 Sahel : un déploiement de plus, une dépense publique de trop

SECURITE – Dans une communication faite par l’Elysée lors du Forum de Paris sur la paix, un déploiement de la force tchadienne est envisagé à la frontière Niger-Burkina-Mali. Objectif : lutter contre la montée des djihadistes. Une intervention de plus qui va creuser la caisse de l’Etat tchadien.

Le gouvernement tchadien n’a-t-il pas appris de ses erreurs ? Une chose est certaine, les soldats tchadiens seront déployés à nouveau sur le théâtre de guerre contre les djihadistes dans le Sahel. C’est la possibilité qu’envisage Paris lors du Forum sur la paix. Une piste de solution qui vient après les résolutions de la dernière session des ministres de Défense et des Affaires étrangères du G5 Sahel, selon laquelle « il faut autoriser l’appui aérien de l’armée tchadienne ».

La nouvelle arrive pendant que le pays est plongé dans une crise économique qui perdure depuis près de cinq ans. Entre les salaires des fonctionnaires coupés, les indemnités supprimées, les contractuels licenciés, en tout cas, il y a matière à dire que le pays de Toumai vit difficilement la crise pétrolière mondiale.

Crise mondiale, mais pourquoi le Tchad est-il plus plongé dans la récession que d’autres Etats touchés ? Une raison simple : les multiples investissements pour le maintien de la sécurité dans la sous-région. Une géopolitique stratégique pour le pouvoir en place qui laisse un goût amer aux finances publiques.  

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Ces multiples interventions ont généré des dépenses dans la caisse de l’Etat et a plongé les Tchadiens dans la pauvreté. Les charges liées aux différentes interventions des forces de défense et de sécurité du Tchad contre le terrorisme dans la sous-région s’élèvent, à ce jour, à plus de 250 milliards F CFA (environ 500 millions de dollars), a déclaré le président Idriss Déby Itno en 2017.

« Nous avons saigné à blanc notre trésor pour faire face à ce défi de taille [qu’est le terrorisme, Ndlr]. À ce montant, il faut ajouter des dépenses consenties au titre de l’action humanitaire qui excèdent 40 milliards de nos francs », a ajouté le président Déby Itno qui s’exprimait au cours d’une réunion avec les partenaires techniques et financiers et les ambassadeurs accrédités au Tchad.

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Ces dernières années, le Tchad a déployé des troupes pour lutter contre les djihadistes au Mali et contrer l’expansion de la secte terroriste Boko Haram au Nigeria, au Cameroun et au Niger.

Un commentaire

  1. ADAM MAMADOU DJIBERT
    18 novembre 2019 at 13 h 39 min Répondre

    Aider les pays frères et amis pourrait être traduit comme un devoir surtout si nous même disposons les moyens de notre politiques. Mais dans le cas de cette histoire de G5 SAHEL et de nos pays respectifs, mon souci vient du fait que c’est la France qui décide et parle à notre place au moment et au lieux qui lui conviennent. L’exemple le plus spectaculaire vient d’abord de notre intervention tout au début de la crise malienne; ensuite ce fut la date des élections législatives au Tchad. C’est le président MACRON, lors de son arrivée pour le réveillon de décembre 2018, qu’il informât les tchadiens que les élections devraient avoir lieu en mai 2019 et enfin c’est au ministre le DRIAN d’informer les tchadiens des dates de leurs élections législatives. Et pour enfoncer le clou et prouver que nos Chefs d’Etat n’auraient rien à dire, le premier ministre en visite à Dakar décide que le Tchad doit envoyer les troupes aux confins de 3 pays (Mali, Burkina FASO et Niger). Comble de néocolonialisme.

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