Éthiopie : risque de guerre civile

Depuis cette matinée du mercredi 04 novembre, des combats armés ont lieu au nord de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Ces combats opposent les troupes fédérales aux autorités provinciales du Tigré.

Communications coupées, espace aérien fermé, l’Ethiopie est au bord de la guerre civile. Depuis la matinée de ce mercredi 04 novembre, des combats ont lieu près de Mékélé, la capitale régionale tigréenne et Dansha, à côté de la frontière soudanaise. Le premier ministre Abiy Ahmed parle déjà de nombreux morts au Tigré.
A l’origine de ces tensions entre les autorités fédérales éthiopiennes et la région de Tigré, trois temps forts :

Premier temps : avril 2018. Le Premier ministre Abiy Ahmed, d’ethnie Oromo, arrive au pouvoir. C’est la fin de presque 20 ans de domination de la minorité tigréenne et de son parti TPLF. Le chef du gouvernement fait le ménage. Il écarte beaucoup de responsables tigréens. Il transforme la coalition au pouvoir pour en faire le Parti de la prospérité, auquel le TPLF refuse de se joindre.

Deuxième temps : mars 2020. La Commission électorale annule les élections générales prévues en août à cause du Covid-19. Les parlementaires étendent alors la durée de mandat du gouvernement pour qu’il maîtrise l’épidémie et maintienne une continuité jusqu’au scrutin. La région du Tigré se rebelle. Selon elle, c’est une violation de la Constitution et le Premier ministre n’est plus légitime. Elle défie le pouvoir central en organisant ses propres élections le 9 septembre. Addis-Abeba déclare ce scrutin illégal, et ne reconnaît pas le pouvoir du Tigré.

Dernier temps : la crise budgétaire. Début octobre, le Parlement a demandé au Trésor de ne pas envoyer son enveloppe annuelle au pouvoir tigréen mais de transmettre l’argent aux administrations locales. Le TPLF parle d’une « déclaration de guerre ».

En toile de fond, il y a un lourd ressentiment après les 20 ans de domination des Tigréens. Le Premier ministre estime qu’ils n’ont pas digéré la perte de leur pouvoir en 2018. Abiy Ahmed voit le pouvoir régional comme un perturbateur et les traite de criminels. Le TPLF accuse, lui, le chef du gouvernement de vouloir affaiblir la région du Tigré et de se transformer en dictateur.

Source: rfi

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