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Coronavirus : l’interdiction des prières collectives est-elle une violation religieuse ?

Coronavirus : l’interdiction des prières collectives est-elle une violation religieuse ?

RELIGION – Face à la pandémie du coronavirus, le gouvernement tchadien a proscrit la prière collective. Si pour les uns il s’agit d’éviter la propagation du Covid-19, pour les autres, cette interdiction est contraire à la religion. Le cheikh Abdaldayim Abdoulaye Ousmane donne son point de vue à Tchadinfos.

Mercredi 1 er avril, il est 13 heures. La grande mosquée de N’Djamena est vide alors qu’habituellement les fidèles affluent pour la prière de dhohr. « Personne n’a le droit d’accéder à la mosquée », dit l’un des hommes en faction postés aux portes closes de la mosquée. Le 20 mars (dernier on met quand on change d’année), le ministre secrétaire général de la présidence de la République, Kalzeube Payimi Deubet, a annoncé la fermeture des lieux de cultes sur l’étendue du territoire national. Une des mesures préventives contre la propagation du coronavirus au Tchad.

Mais quelques jours après cette mesure préventive, la décision peine à être appliquée. Certaines mosquées de la capitale continuent la prière collective du vendredi. « La religion approuve les mesures, puisqu’elles visent à protéger la population contre cette pandémie. La religion ne peut pas encourager les fidèles à aller à l’encontre de ces mesures parce qu’il y va de l’intérêt de tous », martèle Abdaldayim Abdoulaye Ousman, dans son bureau du secrétariat général du Conseil supérieur des affaires islamiques au Tchad (CSAI). Le religieux appelle chaque musulman à rester chez lui et prier à la maison.

« L’islam a prévu des mesures et des orientations. Dieu lui-même dit que tout ce qui peut te nuire directement doit être éloigné. Même s’il s’agit de la nourriture », analyse Abdaldayim Abdoulaye Ousman. Selon le cheikh, les imams respectent les mesures prises par les autorités et appellent à ne pas continuer à prier dans les mosquées. Seule chose qui n’a pas changé : les religieux continuent d’appeler à la prière (muezzin) pour conserver un rythme.

Pour étayer ses propos, Abdaldayim Abdoulaye Ousman se plonge même dans l’histoire : « Au temps du prophète Mohamed, il avait plu abondamment. Le prophète a demandé au muezzin de demander aux croyants de rester chez eux comme il le faisait pour l’appel à la prière. C’est pour dire que l’islam protège et veille au bien-être des croyants. C’est la même chose avec la maladie de Coronavirus. » Il conclut en précisant que ceux qui s’opposeront à cette interdiction de prier collectivement devront répondre de leurs actes devant les autorités.  

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