CILSS : Lydie Beassemda vise le poste de secrétaire exécutif adjoint

CILSS : Lydie Beassemda vise le poste de secrétaire exécutif adjoint

POLITIQUE – Ancienne ministre de l’Agriculture, Lydie Beassemda est la candidate du Tchad au secrétariat général adjoint du CILSS. Sa candidature, elle la donne au nom des femmes sahéliennes. Interview.

Pourquoi avoir décidé de porter votre candidature au poste de secrétaire exécutif adjoint du CILSS ? Pourquoi au nom des femmes …. Sahéliennes ?

Citoyenne d’un pays membre fondateur du Sahel, j’aspire à contribuer à la réalisation des missions du CILSS dont la réponse aux défis de la sécurité alimentaire et nutritionnelle à travers une gestion des ressources naturelles du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

Mettre mon engagement et mes expériences au service des processus politiques et des stratégies régionales sensibles aux inégalités sociales en général et au genre en particulier. Prendre part à l’édification de l’espace économique dans le contexte de la mise en œuvre de l’agenda 2063 de l’Union Africaine qui tient compte des couches les plus vulnérables est un enjeu qui me passionne.

Au nom des femmes du Sahel qui sont les pionnières dans tous les secteurs de production agro-sylvo-pastorale mais peu rémunérées lorsqu’il y a des dividendes en partage. Premières victimes des effets/impacts du changement, elles doivent leur survie et celles de leurs ménages grâce   à la source de détermination intrinsèque intarissable qui caractérise leurs journées :

  1. parcourir des kilomètres à la recherche de l’eau et du bois de chauffe pour l’alimentation et la nutrition ;
  2. pratiquer une agriculture ou un élevage de subsistance dans des conditions pluviométriques et de dégradations des écosystèmes sans équipement, sans intrants, sans accès aux technologies et autres innovations ;
  3. subir des menaces et des effets/impacts du terrorisme et de l’extrémisme violent, les conflits et autres catastrophes, etc. dans des contextes où les services sociaux de base sont distants
  4. Etre victimes des violences basées sur le genre sous toutes ses formes : conjugale, sexuelle, domestique, communautaire, institutionnelle.

Travailler pour contribuer à la transformation des facteurs tant structurels que socioculturels pour améliorer les conditions de vie des filles et des femmes du sahel est une mission exaltante.  

L’institutionnalisation du Salon Africain de l’Agriculture (SAFAGRI) est d’une importance capitale pour le CILSS. Participer à construire cette édifice est une source de motivation particulière par le fait d’avoir contribué à l’organisation de la première édition en mars 2019, au titre de Présidente du Haut Comité de Pilotage.

Quelle lecture faites-vous du rôle des femmes dans le Sahel ? Occupent –elles la place qu’il faut ? Jouent-elles pleinement leurs rôles ?

Les femmes du Sahel constituent le socle de la structure sociale et le pilier de l’économie des pays. Ce sont elles qui nourrissent les ménages au prix d’efforts et de sacrifices. Ce rôle elles le jouer et le jouent parfaitement même quand leurs efforts ne sont pas reconnus, ni soutenus et ni valorisés. Les cadres juridiques de la plupart des pays ont été renforcés en reconnaissance de leurs rôles et des responsabilités qu’elles assument. Cependant dans la pratique, elles sont loin d’être consultées, impliquées et associées aux prises de décisions.

Les agendas « femmes, paix et sécurité» et les politiques considèrent les femmes comme étant des victimes dont le besoin est l’assistance plutôt que des actrices à part entière pouvant contribuer aux efforts de prévention et de réponse des effets/impacts du changement climatique, des conflits et du terrorisme.

La voix des femmes en général et celle du sahel est peu audible car la configuration des instances décisionnelles est constituée des hommes. Au CILSS, sur les effectifs du personnel toutes les institutions confondues, la majorité des agents (60%) sont des cadres, mais les femmes ne représentent que respectivement 23% de l’ensemble et moins de de 10% des cadres. 

Pour jouer pleinement son rôle, les femmes sahéliennes doivent prendre part aux prises de décisions pour que ce ne soient pas uniquement leurs besoins pratiques d’assistées qui soient prises en compte mais surtout ses intérêts stratégiques qui font d’elles des citoyennes à part entières jouissant de tous les droits et des devoirs consacrés par les constitutions de chaque pays du CILSS.  

L’élection à ce poste est assez politique et requiert l’aval des pays membres du CILSS. Etes-vous soutenue dans cette initiative par les autorités tchadiennes ?

La candidature au poste est ouverte à tous les citoyens et à toutes les citoyennes des Etats-membres répondant au profil requis. Cependant, pour prétendre au poste le soutien politique est indispensable puisque toute recrue est un ambassadeur de son pays dans cette instance. Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Idriss Déby Itno dont le leadership pour la cause du Sahel est reconnu au niveau sécuritaire, a donné son soutien à ma candidature qui est portée désormais par les ministères concernés (Agriculture, Affaires Etrangères). Cela pour faire prévaloir la candidature féminine et tchadienne sur l’ensemble des prétendants au poste.

Aussi je saisis l’opportunité pour remercier le Président de la République de me faire confiance à travers le soutien à ma candidature et renouvelle mon engagement d’assurer une représentation digne de Son Leadership, si les Chefs d’Etats acceptent de confier à mon pays ce poste très opérationnel qui permettra d’enclencher les reformes institutionnelles en perspective au CILSS

Face aux nombreux foyers de tension, la montée de l’extrémisme violent au Sahel, les nombreuses stigmatisations et autres préjudices subis par les femmes africaines en générale et celles du Sahel en particulier, comment entrevoyez-vous le nouveau rôle du CIlSS face à ces nouveaux enjeux sécuritaires ?

Le renouvellement du rôle du CILSS doit s’inscrire dans une perspective d’un positionnement de levier du développement économique et social inclusif où les jeunes et les femmes deviennent des acteurs économiques. Renforcer capacités de ces derniers à saisir toutes les opportunités locales, nationales, régionales, continentales et internationales est l’enjeu principal des 4 prochaines décennies telles prescrites par l’agenda 2063.

Le rôle du CILSS sera de créer les conditions d’accès équitable et de l’égalité des chances aux opportunités promues à travers des modèles de développement socio-économiques sensible au genre. Les enjeux de l’adaptation et de l’atténuation des effets/impacts du changement climatique, l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et la participation égalitaire au processus décisionnels relatifs à l’agenda « paix et sécurité » constituent des dimensions essentielles dans les stratégies à entrevoir. Pour cela, des arrangements institutionnels pour rendre accessibles, performants et redevables le CILSS face à ses propres engagements doivent être conduits d’une part. D’autre part, les investissements dans les chaines de valeurs des différents pays requièrent des partenariats stratégiques.

Un commentaire

  1. Issa Kali
    4 mars 2020 at 15 h 37 min Répondre

    Ahhh mais etre clair qu’elle mieux que ta maman

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