Boko Haram : Attention Idriss Deby arrive !

Avec le soutien du parlement, le président de la république Idriss Deby a envoyé le 17 janvier près de 2000 hommes au nord Cameroun pour répondre à l’appel de détresse du président Paul Biya, menacé par les islamistes nigérians de Boko Haram.

Il devait réagir au risque d’être taxé, à tort ou à raison, d’intelligence avec cette pernicieuse secte islamiste qui sème la désolation à nos frontières. En effet, 2000 soldats des forces armées tchadiennes se sont positionnés au Nord Cameroun pour soutenir les forces armées camerounaises et nigérianes qui semblent être essoufflées par les incessants raids meurtriers des forces du mal du gourou Abubacar Shekau. Ces derniers mois, Boko Haram s’est emparé de vastes territoires dans le nord du Nigeria et poursuit ses attaques sanglantes quasi quotidiennement dans l’extrême-nord du Cameroun. L’attaque la plus meurtrière du groupe islamiste est celle de la localité de Baga (extrême nord du Nigeria) qui a fait plus de 2000 morts où était caserné un régiment de l’armée nigériane qui a pris la fuite laissant tous les villages à la merci des pillages et des tueries. Ce qui a provoqué d’importants mouvements de population vers le territoire tchadien enregistrés dans les localités proches du Lac-Tchad. Le HCR parle de plus de 12 000 personnes.

L’action militaire sur le terrain

Face à Boko Haram, selon les autorités, des actions concertées et conjuguées vont être menées dans les jours à venir par les pays membres de la CBLT (Commission du Bassin du lac Tchad, Niger, Nigeria, Tchad,Cameroun), en vue de reconquérir la localité de Baga, base principale de la force multinationale.

La raison est que la libération de cette localité, qui constitue l’épicentre des échanges économiques entre le Tchad et ses voisins, est indispensable à la relance du trafic et à la circulation des biens et des personnes en toute sécurité. Le président Deby, qui a accompagné les troupes tchadiennes à la frontière du Cameroun, a appelé à une large coalition africaine pour venir à bout de la nébuleuse Boko Haram. La réussite de cette action militaire, pensent certains experts, dépend de la volonté politique du Nigeria à la coordonner. Ce qui semble peu évident, car le président nigérian Goodluck Jonathan lui ne pense qu’a sa réélection à la présidentielle qui aura lui dans un mois. Des vives tensions sont pressenties dans le pays dans la mesure où, les dirigeants politiques du nord du Nigeria estiment qu’après les deux mandats consécutifs du chrétien baptiste Olusegun Obasanjo (de 1997 à 2007), le pays devrait être dirigé par un nordiste musulman. Boko Haram a donc allumé une mèche que soutiendraient en arrière-plan ces derniers.

Le Tchad épargné mais….

Pour l’instant, Le Tchad est jusqu’à présent épargné par les attaques de Boko Haram. Mais quand la case du voisin brûle, il faudrait prendre ses dispositions pour que l’incendie ne vous atteigne pas. Cependant, dans cette crise qui paralyse le trafic routier, le Tchad étant un pays enclave, ce sont donc ses intérêts vitaux qui sont en jeu. Ce qui veut dire que le pays, qui a pour seul débouché maritime le port camerounais de Douala, est totalement dépendant de la route stratégique Douala-N’Djamena qui est désormais insécure à cause de la menace permanente d’attaques de Boko Haram.

Toutefois, comme on le dit souvent, l’argent est le nerf de la guerre. Le gouvernement n’a pas dit un seul mot sur les dépenses qu’occasionnera cette intervention militaire au Cameroun. Comme d’habitude, cette question n’aura jamais de réponse puisque l’armée tchadienne est la plus muette des armées. Dans le budget du Tchad de 2015, le secteur de la défense nationale est la deuxième poche de dépense (21%) après celui de l’éducation (près de 32%). Avec la conjoncture économique annoncée au Tchad, on se demande comment cette opération militaire contre Boko Haram tiendra dans le temps.

Entretemps, le MPS, le parti au pouvoir a trouvé l’occasion de faire un grand tapage médiatique en organisant à N’Djamena et dans les autres villes du pays une marche de soutien aux forces armées pour cette lutte contre Boko Haram. Comme dit ci-haut, le Tchad est jusque-là épargné par les attaques de la secte, mais nous ne savons pas quelle sera sa réaction envers le pays par cet engagement aux côtés du Cameroun en guise de représailles. Que Dieu accompagne nos forces et qu’il nous épargne des foudres de ces fous d’Allah !

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