Un arrêté oppose la mairie de N’Djaména aux transporteurs

Dans le souci de réduire les cas d’accidents de voie publique  imputés à tort ou à raison aux véhicules gros porteurs, le maire de la capitale a pris un arrêté portant réglementation de la circulation des véhicules gros porteurs qui n’est pas du goût des transporteurs.

Cet arrêté signé le 06 juin 2014 par le maire de la commune de la ville de N’Djaména, Ali Haroun et structuré en 11 articles porte sur la réglementation de la circulation des véhicules gros porteurs, citernes et bennes dans le périmètre urbain de la ville de N’Djaména. Dans le  préambule, le maire justifie la prise de cette décision par les récurrents et tragiques cas d’accidents de la voie publique causés par des véhicules gros porteurs et bennes à travers la ville de N’Djaména. Ali Haroun interdit formellement à tout véhicule dont le poids total en charge dépasse 7 tonnes de circuler à l’intérieur du périmètre urbain de la ville de N’Djaména (article 1). Le document précise aussi à l’article 2 que « les entrées et les sorties de la ville de N’Djaména des véhicules dont le poids total en charge dépasse 7 tonnes ne sont autorisées qu’entre 22H00 et 6H00, et ce sur présentation de la fiche technique  et de l’assurance en cours de validité, aux postes de contrôle de la police municipale de Toukra, Ndigangali et Lamadji ». L’article 3 fait obligation à tout véhicule dont le poids total en charge dépasse 7 tonnes de détenir une dérogation spéciale délivrée par le Maire de la Commune de la ville de N’Djaména avant toute entrée dans le centre-ville. Les articles 4 et 5 interdisent aux véhicules citernes contenant des produits pétroliers en transit et aux véhicules citernes ravitailleurs de circuler et de dépoter dans le périmètre urbain en dehors des heures indiquées à l’article 2 (22H00 à 6H00). Le 6ème article impose aux camions bennes ou tout autre moyen jugé approprié servant au transport des graviers, sables, remblais et ordures ménagères d’être couverts de bâche pour prévenir des risques qu’encourent les autres usagers de la route. Le maire fixe à l’article 7 une vitesse maximale de 40Km/h à l’intérieur du périmètre urbain de la ville de N’Djaména pour tout  véhicule dont le poids en charge dépasse 7 tonnes. Les stationnements des véhicules dont le poids en charge dépasse 7 tonnes pour des opérations de chargement ou de déchargement de marchandises sont strictement interdits sur les rues et trottoirs des avenues, signale l’article 8. Dans les 3 derniers articles, Ali Haroun prévient que tout contrevenant à cet arrêté, qui est entre en vigueur le 16 juin 2014, sera sévèrement puni avant d’exhorter le Directeur Général de la Police Nationale, le Directeur Général de la Gendarmerie Nationale, les Maires des Communes d’Arrondissements et le Commandant de la Police Municipale à le mettre en application.

Les transporteurs protestent

Cependant, cet arrêté ne fait pas l’unanimité. Les brasseries et la compagnie Total, par exemple, se disent dans l’impossibilité de respecter les horaires indiquées dans les articles 4 et 5 qui les touchent particulièrement.

Même son de cloche du côté de l’Union Nationale des Transporteurs du Tchad (UNATRANST) qui dit, par la voix de son président, n’avoir même pas été consultée. Abbas Abdel Kérim se souvient en effet que l’arrêté a été pris le 6 juin et ce n’est que le 12 du même mois que les autorités communales les ont convoquées pour leur en faire part. Il exprime donc la désapprobation de son syndicat : « nous avons toujours été consultés par les maires qui se sont succédé avant toute prise de décision mais cette fois-ci, la décision nous est tombée dessus comme un coup de massue. Nous avons clairement dit au maire 1er adjoint lors de la rencontre du 12 que nous ne sommes pas d’accord ».

Au sujet de la responsabilité des gros porteurs et bennes dans les accidents, Abbas Abdel kérim trouve que la raison n’est pas fondée. Il pointe plutôt du doigt accusateur, les clandomen et les jeunes qui se droguent et conduisent avec insouciance.

Quant aux chauffeurs qui ne bâchent pas leurs bennes ou dont les véhicules ne sont pas en règle, le Président de l’UNATRANST rassure que son syndicat conseille toujours ses membres à ce sujet. Cependant c’est aux forces de l’ordre d’être rigoureuses pour que les mesures prises soient respectées, se défend-il.

Abbas Abdel Kérim estiment que les transporteurs n’entrent pas en ville de gaieté de cœur : « On souhaite qu’on nous aménage la voie de contournement qui,  de Nguéli passe par les ronds points à double voies et pigeon pour aboutir à Lamadji mais la mairie ne le fait pas. Si cela est fait, on n’aura même pas besoin d’entrer en ville ».

Il conclut que des correspondances ont été envoyées aux autorités à différents niveaux en vue de trouver un compromis mais la réponse se fait attendre. Entre-temps, les activités tournent au ralenti.

Madjissembaye Ngarndinon

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