Algérie : Abdelaziz Bouteflika renonce à un cinquième mandat

Algérie : Abdelaziz Bouteflika renonce à un cinquième mandat

Dans un message à la Nation algérienne publié ce lundi, le président Abdelaziz Bouteflika renonce à sa candidature pour un cinquième mandat et reporte l’élection présidentielle du 18 avril 2019.

Rentré de Genève en Suisse où il était pour des examens sanitaires périodiques, dans la soirée du dimanche 10 mars, le président algérien a adressé un message à la Nation ce 11 mars. Ce message tombe au moment où la rue s’est dressée pour dire non à un cinquième mandat pour le président sortant.

Axé sur sept points, le président Bouteflika a annoncé une série de mesures dont voici les phares :

Premièrement, le président sortant renonce à un cinquième mandat. Pourtant il avait déposé sa candidature dans ce sens et avait promis une élection anticipée. Mais sous la pression de la rue, le président dit comprendre tout particulièrement le message porté par les jeunes en termes, à la fois, d’angoisse et d’ambition pour leur avenir propre et pour celui du pays.

Deuxièmement, il n’y aura pas d’élection le 18 avril 2019. Celle-ci sera tenue avant fin décembre. Le report de l’élection présidentielle qui a été réclamé vient donc pour apaiser les appréhensions qui ont été manifestées afin d’ouvrir la voie à la généralisation de la sérénité, de la quiétude et de la sécurité publique, dans l’objectif d’entreprendre ensemble les actions d’importance historique qui permettront de préparer le plus rapidement possible l’avènement d’une nouvelle ère en Algérie, a justifié le président algérien dans son message.

Troisièmement, un gouvernement de transition sera nommé. Ces changements constitueront une réponse adéquate aux attentes dont vous m’avez saisi, ainsi qu’une illustration de ma réceptivité à l’exigence de reddition de comptes et d’évaluation rigoureuse dans l’exercice des responsabilités à tous les niveaux et dans tous les secteurs.

Dans la foulée, l’actuel premier ministre, Ahmed Ouyahiya, a démissionné. Il est remplacé par Nourredine Bedoui.

Quatrièmement, la tenue de la conférence nationale inclusive et indépendante. Il revient à cette structure de fixer la date de l’élection présidentielle à laquelle Bouteflika ne sera pas candidat.

Cette conférence sera équitablement représentative de la société algérienne comme des sensibilités qui la parcourent. Elle organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle, avec à sa tête un président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée. La conférence doit s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019, a précisé le message.

Voici la voie du Salut que je vous invite à emprunter ensemble pour prémunir l’Algérie contre des épreuves, des déchirements et des déperditions d’énergies, a conclu le président algérien.

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