Affaire Youssouf Allamine : “L’on ne peut forcer la main à la justice indienne”, affirme Chérif Mahamat Zene

Affaire Youssouf Allamine : “L’on ne peut forcer la main à la justice indienne”, affirme Chérif Mahamat Zene

Le ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration africaine, de la Coopération internationale et de la Diaspora, Chérif Mahamat Zene, situe l’opinion sur le cas de l’étudiant tchadien Youssouf Allamine Tahir, emprisonné depuis 2015, dans une prison en Inde. Il a abordé la question au cours d’un entretien accordé à la Radiodiffusion nationale tchadienne.

M. Chérif Mahamat Zène tranche : on ne peut forcer la main à la justice d’un Etat fédéré indien. Mais, ajoute-t-il, nous n’allons pas nous décourager, nous allons appuyer les efforts appropriés visant à trouver une solution au cas de notre compatriote.

Le chef de la diplomatie tchadienne rappelle que l’étudiant tchadien, Youssouf Allamine Tahir, a été arrêté le 5 février 2015 à la frontière entre l’Inde et le Népal. Informé, le Consul honoraire du Tchad à New Delhi a contacté par une note le ministère indien des Affaires étrangères le 9 mars 2015 et a demandé la libération et le rapatriement de l’étudiant au Tchad.

Le 10 mars, le ministère indien des Affaires étrangères a contacté, à son tour, le gouvernement de l’Etat fédéré d’Uttar Pradesh qui lui a fait savoir que le cas de l’étudiant tchadien relève de la justice de cet Etat, puisque plusieurs chefs d’accusation, notamment falsification et détention de faux documents pèsent sur lui. Ces éléments ont été portés à l’attention du Consulat le 27 mars 2015.

Après plusieurs démarches, le Consulat a encore écrit au ministère indien des Affaires étrangères en date du 26 août 2015 pour demander la libération de l’étudiant «pour raison de santé». Malheureusement, le Ministère indien des Affaires étrangères a réaffirmé, par une correspondance en date du 1er septembre 2015 que le cas de l’étudiant relève de la justice.

Je signale que le Consul nous rendait régulièrement compte de ses démarches. Ce qui nous a permis d’informer le chef du Gouvernement lors de sa visite en Inde pour la conférence sur les énergies renouvelables en mars 2018. Le Premier ministre a posé la question à son homologue indien qui a répondu que le dossier relève de la justice”, insiste le ministre Chérif Mahamat Zene.

D’après lui, Youssouf Allamine Tahir, a été condamné le 27 avril 2016 par la Cour de Maharajganj à 6 ans de prison ferme et une amende de 45 000 roupies indiennes (365 000 cfa) pour «utilisation de faux document» «falsification et tricherie» en vertu de la loi indienne. Malgré l’appel interjeté et le réexamen des éléments, la Justice a confirmé le premier verdict en date 28 juin 2016.

Il importe de signaler qu’en date du 23 mai 2016, le Conseiller du Consul a rendu une visite à l’étudiant qu’il a rencontré. Le conseiller a rencontré aussi les responsables de la prison. Parallèlement à ces efforts, le Consul a rencontré plusieurs fois le père de l’étudiant aussi bien au Tchad qu’en Inde. Il lui a également facilité une rencontre avec son fils emprisonné à deux reprises le 17 et 18 juillet 2017” rapporte le ministre des Affaires étrangères du Tchad.

Le seul recours qui reste aux avocats de Youssouf Allamine Tahir est de saisir la Haute Cour pour une demande « d’exonération ».

Compte de tenu du nombre élevé des demandes que la haute Cour enregistre, le cas de Youssouf n’a pu être enrôlé. Le Consulat a identifié un autre cabinet d’avocats qui a pris connaissance du dossier et a rassuré de faire inscrire le cas de Youssouf sur la liste des demandes « d’exonération » devant la haute Cour” explique Chérif Mahamat Zene.

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