Pour le parti de l’ex-Premier ministre Pahimi Padacké Albert, le processus référendaire en cours est mal engagé. 

Dans un mémorandum signé et rendu public ce 6 novembre, le président du parti Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT-Le réveil), Pahimi Padacké Albert a proposé au gouvernement de suspendre le processus référendaire en cours.

Pour cause, le RNDT-Le réveil avance deux arguments : la partialité de la Commission nationale chargée de l’organisation du référendum constitutionnel (CONOREC) et l’unique projet de Constitution qui sera soumis à ce référendum.

Selon Pahimi Padacké Albert, aucun Tchadien n’a foi en cette consultation référendaire prévue en décembre 2023. “La CONOREC n’est pas indépendante; le gouvernement a déjà voté le “OUI” pour l’Etat unitaire lors du conseil des ministres. Le “NON” n’a plus aucune chance dans ce montage“, a-t-il écrit dans ce mémorandum.

Ainsi, pour donner de la crédibilité au processus en cours, le parti du coq blanc suggère sa suspension afin d’aller sur de nouvelles bases, tout en considérant que cela va jouer sur le calendrier de la transition.

En premier lieu, le RNDT-Le réveil propose au gouvernement de dissoudre la CONOREC et de mettre sur pied un organe indépendant : “par exemple une Commission nationale électorale indépendante (CENI) provisoire“.

En second lieu, le parti de Pahimi Padacké Albert demande au gouvernement de renoncer à son projet de soumettre une seule Constitution, consacrant la forme de l’Etat unitaire, au vote référendaire. Il suggère à cet effet de soumettre deux Constitutions (l’une sur l’Etat unitaire et l’autre sur l’Etat fédéral) aux citoyens qui voteront pour l’une d’elles.

Toutefois, écrit Pahimi Padacké Albert, son parti n’a d’apriori sur aucune forme de l’Etat, “sachant que derrière ce débat se cache celui de la gouvernance.” Si rien n’est fait, estime le RNDT-Le réveil, “ce référendum ne sera que la consécration de l’échec sur sa fin.”