En juin dernier, l’Italie a annoncé l’augmentation de ses quotas d’immigration légale à 75 000 personnes en 2022. Mais cette décision n’a pas freiné les flux migratoires, rapporte l’agence Ecofin.  

51 353 migrants originaires des pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne ont rallié clandestinement l’Italie par la mer, depuis janvier 2022, a annoncé le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) dans un communiqué publié le mercredi 24 août.

Cette ONG spécialisée dans les questions de l’immigration, qui coopère avec d’autres ONG similaires en Afrique du Nord et en Europe, a également précisé que 10 139 Tunisiens, dont 2102 mineurs et 498 femmes figurent parmi les migrants clandestins qui ont rejoint les côtes italiennes, depuis le début de l’année en cours.

Plus de 14 762 migrants clandestins ont été interceptés par les garde-côtes et empêchés de poursuivre leur traversée, et 875 sont morts ou portés disparus durant la même période, a-t-on ajouté de même source.

« Le désespoir, la détérioration des services publics, le chômage chronique et la grande précarité de l’emploi rendent le danger de la mer secondaire pour ces migrants qui rêvent d’une vie meilleure pour eux et pour leurs enfants », a souligné le FTDES, tout en condamnant « les politiques migratoires inhumaines de l’Union européenne qui restreignent la liberté de mouvement » et « l’approche sécuritaire des autorités tunisiennes qui ont accepté de jouer le rôle de garde-chiourme de l’Europe face aux migrants ».

Les tentatives d’émigration clandestine depuis la Tunisie vers l’Europe tendent à augmenter dans la période allant de juin à septembre, à la faveur d’une météo plus clémente. L’Italie, dont certaines côtes sont situées à moins de 100 km du littoral tunisien, est l’un des principaux points d’entrée en Europe pour les migrants en provenance d’Afrique du Nord et des pays d’Afrique subsaharienne.