A l’occasion de la célébration de ses 35 ans de carrière musicale, nous avons approché l’artiste musicien Mahamat Ali Darsila pour savoir davantage sur son parcours.

Né en 1969, ce natif de Dar Sila, situé à l’Est du Tchad, est une grande figure de la musique tchadienne. Il est connu sous le pseudonyme de “Dar Sila”. Un surnom qui est devenu avec le temps très respecté dans le milieu de la musique dû à l’aura de l’artiste.

A l’âge de treize ans, Mahamat Ali Darsila, passionné de la musique, a commencé à animer des scènes dans les écoles. C’est en 1997 que l’artiste met sur pied son propre groupe baptisé Dar Sila. Un orchestre qui enregistre une ascension fulgurante et va rapidement s’imposer sur la scène nationale.

“Dar Sila” est la première chanson du musicien Mahamat Ali Darsila produite en 1996. L’artiste se rappelle du refus de sa famille de le voir chanter. Les parents étaient catégoriques lorsque leur fils a choisi d’être musicien. Mais lorsqu’ils ont écouté la première chanson “Dar Sila” qui faisait appel aux jeunes qui sont partis ailleurs sans retourner de revenir dans leur pays, “ce jour-là ils m’ont accordé l’autorisation de chanter sans crainte“, se souvient le musicien.

Son style, attaché à sa musique traditionnelle, influencé par les rythmes soudanais, teinté de la culture moderne, est apprécié de tous. Une musique qu’il associe au folklore et à la modernité et le tout offre un rythme riche, varié et doux. Si la musique tchadienne est en train d’amorcer actuellement son envol, tout porte à croire que l’artiste Darsila est l’une des chevilles ouvrières.

Mahamat Ali Darsila est un homme pétri de talents. Il est connu comme bon comédien, très bon en dessin. Il embrasse la musique qu’il décidera plus tard d’en faire sa profession. C’est exactement à ses quatorze ans qu’on voit en lui un talent de footballeur qui l’amena sous les feux des projecteurs à ses 20 ans, mais l’amour de la musique reste plus fort que tout. Ce qui attira l’attention de ses enseignants et formateurs en musique qui lui accorderont une attention particulière durant les cours et les séminaires. A l’issue de ces formations, il intègre de grands groupes de professionnels de la musique au Soudan avant de décider de rentrer au Tchad.

En 1994, il commence à attaquer les scènes avec ses propres compositions dont le titre Darsila qui lui confèrera son identité nationale. En 1996, il fera une tournée dans la zone méridionale du pays en compagnie de Maître Gazonga, Ahmat Pecos et Djalali pour le compte du MPS.

En 1997, il crée le Groupe Darsila et devient en même temps le Président du Club des artistes tchadiens, le conseiller du Bureau tchadien des droits d’auteur, le vice-coordonnateur de la Coordination des artistes tchadiens et enfin Directeur de l’Orchestre national.

Il a un palmarès riche :

  • 2005 : il est le Représentant des artistes tchadiens au festival de la CENSAD ;
  • 2008 : Médaillé du Chevalier d’honneur ;
  • 2011 : Meilleure chanson et meilleur chanteur à la Fête du Cinquantenaire de l’indépendance du Tchad à N’Djamena ;
  • 2012 : 1er Prix au Festival Ahmat Pecos ;
  • 2015 : 1er Prix du Festival Leïla t’al Noudjoum ;

En bon influenceur, il a associé son image à la vulgarisation de plusieurs activités dans le programme du gouvernement et recommandé aux organismes et institutions internationales en tant qu’ambassadeur.

Il était ambassadeur pour la lutte contre le paludisme avec Malaria no more, ambassadeur pour la mobilisation pour la polio avec MSF, ambassadeur pour la mobilisation à la paix et à la cohabitation pacifique. Darsila a collaboré également avec plusieurs collectifs d’artistes pour porter et vulgariser plusieurs messages dont contre le Sida, contre le mariage précoce, contre les violences faites aux femmes, pour la scolarisation de la jeune fille, pour la paix (cohabitation pacifique et le vivre ensemble).

Il a porté haut le drapeau national dans plusieurs pays de la sous-région : le Soudan, la Libye, l’Égypte, la République Centrafricaine, le Cameroun, l’Éthiopie, le Niger et le Nigeria.