La campagne électorale bat son plein en même temps que les manifestations, l’assassinat de deux enseignants à N’Djamena choque l’opinion

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REVUE DE PRESSE – La campagne pour l’élection présidentielle et les manifestations qui la rythment, l’assassinat de deux enseignants, sont les sujets phares évoqués par les journaux tchadiens pour la semaine du 29 mars au 4 avril 2021.

Campagne électorale dans un climat délétère

jour J-6. L’élection présidentielle approche à grands pas. Les journaux dressent les portraits des sept candidats effectivement en lice (ils sont officiellement dix sur le spécimen du bulletin de vote mais trois disent s’être retiré) qui sont : le président sortant Idriss Déby Itno, le chef de file de l’opposition Félix Romadoumngar Nialbé, Pahimi Padacké et Brice Mbaïmon Guedmbaye qui sont, respectivement, à leur troisième et deuxième tentatives et les trois autres qui sont des novices à savoir la première femme candidate à une élection présidentielle au Tchad Lydie Beassemda ainsi que Alladoum Djarma Baltazar et Théophile Yombombé.

La campagne électorale, très timide au début, semble s’accélérer. Pour La Voix, c’est « la bamboula des quêteurs d’électeurs ». Cet hebdomadaire souligne qu’à la faveur de cette campagne, « les candidats ont renoué avec leurs militants ». Selon La Voix, à N’Djamena comme dans le Tchad profond, ils sont là pour « défendre leurs projets de société qui ont longtemps dormi dans leurs attaché-case et qu’ils viennent juste de dépoussiérer pour les remettre sous les projecteurs ».

Entretemps, constate Le Progrès du lundi 29 mars 2021, « Les électeurs retirent leurs cartes…calmement ». Pour ce quotidien, deux jours après le lancement officiel de l’opération, le vendredi 26 mars 2021, « il n’y a pas d’attroupement pour le retrait de carte d’électeur devant les centres de distribution, à N’Djaména, la capitale ».

De l’autre côté, les manifestations contre un nouveau mandat du président ne s’estompent pas. « Manifs anti-sixième mandat de Déby : Jusqu’au bout », pointe Abba Garde. Le journal de Moussaye Avenir De La Tchiré raconte qu’ « A tout juste dix jours de la présidentielle prévue pour se tenir, si tout se passe bien, le 11 avril prochain, le pouvoir d’Idriss Déby Itno vacille sous la pression d’importantes manifestations organisées à N’Djaména et dans les provinces du pays pour contrer son désir de se cramponner au pouvoir en briguant un sixième mandat à la magistrature suprême ».

N’Djamena Hebdo ne dit pas autre chose en titrant : « Wakit tama persiste et signe ». Wakit tama étant le nom donné par la coordination des actions citoyennes à sa marche qui se tient tous les samedis depuis près d’un mois. Cet hebdomadaire indique qu’en dépit de l’interdiction des marches pacifiques et du déploiement des forces de défense et de sécurité, la coordination des actions citoyennes et Les Transformateurs ont, chacun de leur côté, organisé des marches le samedi 27 mars 2021.

Le Visionnaire emboite le pas de ses deux confrères précités en écrivant que « Les Marcheurs envahissent de plus en plus la rue ».   

« La gâchette facile »

Passons maintenant à l’assassinat le 23 mars 2021 à N’Djamena de deux enseignants par des balles tirées par un agent de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT) qui affirme avoir visé un véhicule qu’emportaient des voleurs. Un assassinat que la plupart des titres dénoncent.

Ainsi, N’Djamena Hebdo qui se demande ce qu’ont fait « les deux pauvres enseignants », évoque une culture de « La gâchette facile ». Le journal souhaite donc que « justice soit rendue » à Wantamo Solbel Elysée et Wilba Djilvankissam, les deux enseignants tués.

Abba Garde qui assimile cet assassinat à « Une barbarie digne d’un film Western » s’indigne surtout du « silence inexplicable du gouvernement » qui, selon lui, est le « symbole de ce que vaut l’éducation au Tchad“.

La Voix déplore également la perte de ces deux enseignants en titrant à sa Une : « Un pays en quête de “l’excellence” qui tue des enseignants qualifiés ». La Voix souligne par ailleurs qu’en manifestant pour exiger de l’Etat la prise en charge des trois veuves, treize orphelins, le paiement des frais de transport des corps de N’Djamena à Kéra/Fianga ainsi que la prise en charge des dépenses des funérailles, « Les familles des victimes [ont été] gazées » par les forces de l’ordre et de sécurité.

Le Progrès du mardi 30 mars 2021 renseigne quant à lui qu’une procédure judiciaire est enclenchée contre l’agent de la GNNT, auteur des tirs ayant entrainé la mort des deux enseignants.      

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