L’élevage domestique constitue une source de revenus pour beaucoup de familles à N’Djamena. Quelques éleveurs et acheteurs témoignent leur expérience vis-à-vis de ce secteur d’activité parfois inaperçu.

Nodjidené Claire, veuve, témoigne des bénéfices que cette activité lui procure depuis des années. “Après le décès de mon mari, je me suis retrouvé sans soutien pour assurer les besoins de ma famille. Ma sœur venant du village m’avait apporté deux chèvres pour les enfants, mais j’ai décidé de les élever. Quelques temps après, ces chèvres ont commencé à se reproduire et leur nombre a considérablement augmenté. À l’approche des cours, je vends un peu ces chèvres pour les inscriptions des enfants et les fournitures scolaires. Pendant les vacances, chaque enfant a un bouc à vendre pour exercer le commerce qu’il désire et il doit en acheter après avoir fini les vacances. Pareil pour les fêtes, les voisins et autres dans le besoin achètent ces chèvres. En tout honnêteté, à côté d’autres activités, cet élevage domestique m’aide beaucoup financièrement“.

Allaramadji Shalom aime naturellement élever les animaux, mais après que ses chèvres et cochons soient devenus nombreux, les gens viennent lui demander de les vendre. “Surtout pendant les fêtes de Nouvel an et Noël les gens achètent mes chèvres, mais pour mes cochons, c’est beaucoup plus les bouchers dans le besoin. Parallèlement à mes activités, cela me fait gagner de l’argent pour pallier  certaines insuffisances financières“, témoigne-t-il.

Djido, lui aussi éleveur domestique donne son impression. “Je suis issu d’une famille d’éleveurs, j’ai grandi en élevant les troupeaux au village donc cela est ancré dans ma culture. Mais en ville, cette activité est une source de revenus en coulisse pour moi, mais également de consommation familiale en cas de cérémonie”.

A la question de savoir s’il y a des difficultés à élever des animaux domestiques en ville , unanimement, les pratiquants relatent les difficultés liés aux pâturages pendant les saisons sèches pour la nourriture des animaux, mais également les problèmes avec les voisins quand ces animaux s’introduisent chez eux et mettent le désordre.

Les animaux domestiques sont mieux nourris pour la production et la consommation. C’est pourquoi en cas de besoin je préfère acheter les animaux tels que les chèvres, cochons ou même les coqs élevés en ville. Mais j’appelle ces éleveurs urbains à bien canaliser leurs animaux pour éviter certains mécontentement avec le voisinage“, souligne Roger qui demande aux éleveurs de bien caser leurs animaux comme le demandent les autorités.

Djimhodoum Dieudonné, stagiaire