Le Civicus Monitor, une plateforme en ligne qui suit les dernières évolutions en matière de libertés civiles, y compris la liberté d’expression, d’association et de réunion vient de placer le Tchad sur sa liste de surveillance des droits humains.

« Le Tchad a été placé sur une liste de surveillance des pays où les libertés civiles sont en constante diminution, car les autorités militaires continuent de violer le droit de réunion pacifique en interdisant les manifestations, en autorisant un usage excessif de la force par les forces de sécurité, en procédant à des arrestations arbitraires de manifestants et en exerçant un acharnement judiciaire contre les organisateurs des manifestations », peut-on lire dans le communiqué de presse de Civicus Monitor.

Le Mexique, le Sri Lanka, la Hongrie, le Kenya et le Kazakhstan sont les autres pays à être inscrits en même temps que le Tchad sur la liste de cette plateforme qui suit l’évolution de libertés civiles dans 197 pays dans le monde.

Le document indique que depuis la prise de pouvoir par l’armée le 20 avril 2021, après le décès de l’ancien président, Idriss Déby Itno, les autorités militaires ont « durement réprimé » les manifestations réclamant le retour à un régime civil et une transition inclusive, notamment celles organisées par la coalition Wakit Tamma.

« Les forces de sécurité ont fait usage à plusieurs reprises d’une force excessive, y compris de gaz lacrymogènes et de balles réelles, afin de disperser des manifestants pacifiques, tuant des dizaines de personnes…Jusqu’à présent, personne n’a été appelé à rendre des comptes pour ces violations », relève Civicus Monitor.

David Kode, responsable du plaidoyer et des campagnes chez cette plateforme affirme que « La violence, les arrestations arbitraires et les détentions continuent d’être utilisées par la junte militaire pour réduire au silence les manifestants et ceux qui demandent une transition plus inclusive au Tchad et le retour à un gouvernement civil. Le droit de manifester est garanti par le droit internationale relatif aux droits humains ».

Le document relève qu’en dehors du nombre « alarmant » de violations du droit de réunion pacifique, figurent parmi les autres restrictions fréquentes de l’espace civique les restrictions imposées à l’utilisation d’Internet, la fermeture des médias, les arrestations « arbitraires » et les menaces contre les défenseurs des droits humains et les journalistes.

C’est de ce constat que le Tchad est classé, en compagnie de 49 autres, « pays répressif » par Civicus Monitor.