Depuis hier, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’un débat passionné sur la forme de l’Etat, lors de l’étude du projet de Constitution de la République qui a finalement été adopté par 174 voix sur les 181 conseillers nationaux présents sur le total de 197. Etat unitaire ou fédéral, les conseillers nationaux, partisans ou non des deux formes de l’Etat, ont pris la parole pendant plusieurs heures pour exposer leurs points de vue.

D’un côté, les partisans de l’Etat unitaire, dès l’ouverture des débats sur le projet de Constitution, ont déjà insisté sur l’importance de maintenir l’unité et l’indivisibilité de la République du Tchad. Ils ont souligné que le Tchad est un pays avec une histoire et une culture communes, qui doit rester uni pour être fort. Toutefois, ils ont également évoqué les dangers d’une décentralisation excessive qui pourrait conduire à la création de divisions territoriales, ethniques ou socio-économiques.

De l’autre côté, et en réponse, les partisans de l’Etat fédéral ont mis en avant que le Tchad est un pays diversifié qui doit garantir plus de libertés à ses provinces. Selon eux, une fédéralisation permettrait une meilleure gestion des compétences et des ressources, ainsi qu’une plus grande participation citoyenne dans les processus décisionnels. Ils ont également évoqué l’exemple du Nigéria, un pays fédéral qui connaît une stabilité politique et économique depuis des décennies. Ils s’interrogent sur le pourquoi l’on a peur d’un état fédéral au Tchad ?

Le débat est devenu un échange vif et houleux entre les conseillers qui s’attaquent intelligemment pour que cela ne devienne une joute ou des diatribes entre des personnes ou des partisans de l’État unitaire ou l’État fédéral. Indirectement, les partisans de l’Etat unitaire ont reproché à leurs opposants d’être un tout petit peu “régionalistes qui mettent en danger la cohésion nationale”. Les partisans de l’Etat fédéral ont quant à eux accusé les autres de défendre une vision centralisée de l’Etat qui ne correspond plus aux réalités de la société tchadienne où l’injustice règne en maître.

Malgré les divergences profondes qui existent entre les différentes forces politiques pour ce qui est de la question sur la forme de l’État, le projet de Constitution de la République du Tchad a été adopté par 174 voix pour, 3 abstention, 4 contre ce mardi 27 juin 2023. Étaient présents 181 conseillers sur les 197 que compte le Conseil National de Transition (CNT). Sur ce qui est de la forme de l’État, si le Oui passe au référendum, l’État unitaire l’emportera sur le fédéral.