Le Tchad a une fois de plus échappé aux sanctions de l’Union africaine, alors que la Commission de cette institution a durci le ton après la prolongation de la transition de 24 mois. Le politologue Ahmat Mahamat Hassan tente d’expliquer cette posture.

Seulement trois pays membres (sur 15) du Conseil paix et sécurité de l’Union africaine ont voté pour des sanctions contre le Tchad, tandis que les autres pays se sont abstenus ou ont voté non. Cette situation a surpris plus d’un Tchadien, surtout que c’est le président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat qui a proposé des sanctions.

Ce refus de la majorité des pays du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui vient de donner une autre carte blanche aux autorités de transition, Pr Ahmat Mahamat Hassan tente de l’expliquer par le fait que le président de la Commission de l’Union africaine soit d’abord un Tchadien. Ensuite, un Tchadien qui aurait des antécédents avec les autorités de transition.

En plus de cela, « il a été soupçonné d’avoir des ambitions de présider le Tchad après la transition », explique l’analyste politique, Ahmat Mahamat Hassan qui poursuit que même le discours tenu par Moussa Faki, à l’ouverture du dialogue national inclusif est vu par l’entourage de Mahamat Idriss Déby comme « un discours teinté d’opportunisme personnel ».

Pour le professeur Ahamat Mahamat Hassan, il est on ne peut plus clair que Moussa Faki qui a été soutenu par Déby père pour arriver à ce poste du président de la Commission de l’Union africaine est pour beaucoup « mal placé pour demander des sanctions contre les autorités de transition ». Mais “il ne s’agit pas de l’intérêt individuel, il s’agit de l’avenir de la nation tchadienne”, conclut-il.