Le Fonds monétaire international (FMI) a de nouveau pressé lundi les autorités camerounaises de réduire leurs coûteuses subventions aux carburants à la pompe, considérées comme non-viables selon les projections actuelles des prix internationaux du pétrole et mal ciblées par rapport à ceux qui en ont besoin.

Au lendemain d’une mission de revue dans le pays, il a estimé dans un communiqué que ces soutiens “évincent les dépenses prioritaires”, représentant six fois le budget alloué à l’agriculture, quatre fois celui de la santé et plus de trois fois ceux de l’énergie et de l’eau.

La réforme de ces subventions devrait néanmoins s’accompagner de mesures visant à atténuer l’impact sur les plus vulnérables, notamment des transferts monétaires, a souligné le FMI pour qui le rythme des réformes structurelles doit en outre être fortement accéléré, y compris par un effort concerté pour améliorer le climat des affaires du secteur privé afin de soutenir une croissance inclusive et résiliente.

De même, un examen de la politique fiscale pour mobiliser les recettes intérieures non pétrolières et l’élargissement de l’assiette fiscale demeure une priorité élevée au même titre que les progrès dans la gestion financière des entreprises publiques et la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (SONARA), victime d’un grave incendie en fin mai 2019.

Au cas où la revue de ce programme venait à être positive, le Cameroun pourrait bénéficier d’un déblocage d’environ 74,6 millions de dollars du FMI, lequel réunira son conseil d’administration début mars.