La question de la privatisation de la cimenterie de Baoré fait grand bruit dans le milieu des ressortissants du Mayo-Kebbi Ouest. Ces derniers, lors d’une assemblée générale tenue au centre Don Bosco ce dimanche, rejette cette idée. Ils accusent aux passages l’ancien Premier ministre, Pahimi Padacké Albert et l’actuel, Saleh Kebzabo de vouloir privatiser la cimenterie à cause de leur “boulimie pour l’argent”.

Cette question brûlante de privatisation résulte des difficultés que rencontre la SONACIM aujourd’hui, notamment dans sa mauvaise gestion et aussi et surtout du fait que le gouvernement continue de nommer des gens n’ayant aucune expérience ni connaissance de l’usine à la tête de cette société au détriment du personnel formé en Chine et à Bissi-Keda pour les besoins de la cause. C’est l’erreur qu’il ne fallait pas commettre. Les premiers dirigeants de la SONACIM n’ont pas failli à leur mission, celle de mettre en lambeau notre société nationale de ciment“, explique Barka Tao, coordonnateur national de l’Organisation d’Appui aux Initiatives de Développement (OAID), à l’assemblée générale des ressortissants du Mayo-Kebbi Ouest.

Les difficultés de l’usine vont s’accumuler, poursuit Barka Tao, indiquant qu’à cela, l’incompétence des techniciens tchadiens à faire fonctionner les machines après le départ de leurs collègues chinois. “C’est ainsi qu’est née l’idée de sa privatisation. Idée malheureusement émise par un fils du terroir qui était le Premier ministre à l’époque“, faisant allusion à l’ancien Premier ministre Pahimi Padacké Albert. “Des discussions avaient eu lieu entre le groupe CGCOC et le gouvernement tchadien. CGCOC avait proposé un rachat à hauteur de 16 500 000 000 de FCFA contre 92 000 000 de dollars qui équivaut à 55 000 000 000 de FCFA, le coût de construction de l’usine. C’est ainsi que la privatisation avait échoué“, informe-t-il. Pour lui, Pahimi Padacké Albert voulait acheter la SONACIM à 1F symbolique afin de revendre plus cher. Ce que fait Saleh Kebzabo dans sa quête d’argent, poursuit Barka Tao.

Pour les ressortissants du Mayo-Kebbi Ouest, l’impact de l’implantation de l’usine dans leur zone est visible et la population paie actuellement le plus lourd tribut de ces activités de la cimenterie de Baoré. Comme conséquences, ces derniers citent l’absence des services sociaux de base (eau, santé, éducation, assainissement) et des voies de communication, la forte pression démographique qui impacte négativement sur la demande en ressources alimentaires, le déguerpissement des populations riveraines sans les mesures de compensation, la confiscation des espaces vitaux consacrés aux activités agricoles, la pression sur l’environnement (déboisement, pollution, surexploitation des sols,etc.) en violation grave des textes en vigueur.

La province totalise 161,62 hectares dont le montant de dédommagement s’élève à 760 587 500 FCFA que les intéressés attendent désespérément depuis des années. Dans le Logone occidental, au Chari-Baguirmi, au Kanem et ailleurs, toutes les terres prises, les intéressés ont été dédommagés, les 5% alloués aux zones productrices ainsi que les 2 % du fonds pour la restauration de l’environnement ont été effectivement versés“, expliquent-ils.

Les intentions des organisations de la société civile du Mayo-Kebbi Ouest sont claires. Nous nous opposons à la privatisation de la SONACIM à 1F symbolique, exigeons le dédommagement des populations dont les terres ont été prises illégalement par la SONACIM, l’octroi à la province des 5% sur les revenus issus des gisements de calcaire dans notre province depuis la création de la SONACIM, le versement à hauteur de 2% de fonds pour la restauration de l’environnement et le paiement de 760 587 500 FCFA aux personnes spoliées de leur terre conformément aux articles 78 et 79 du code minier“, exigent les ressortissants.