En prélude à la Journée Mondiale de l’Enfant Africain, célébrée chaque année le 16 juin, la Fondation Dieu Bénit a organisé une conférence de presse ce 12 juin dans ses locaux à Gassi dans 7ème arrondissement de N’Djamena. Cette conférence a pour objectif de sensibiliser le public sur l’importance de l’accès à une éducation de qualité et adaptée aux enfants défavorisés, thème central de l’édition 2024.

La Fondation Dieu Bénit, en collaboration avec divers Centres d’accueil de la ville, s’engage à promouvoir l’accès à l’éducation pour tous les enfants, en particulier ceux qui sont les plus vulnérables. « Cette année, nous mettons l’accent sur l’importance de l’éducation. Nous croyons fermement que chaque enfant, indépendamment de sa situation socio-économique, a le droit à une éducation qui lui permettra de réaliser pleinement son potentiel. Au Tchad, un peu plus de 60% de la population du pays vit dans la pauvreté. Cette situation se ressent sur les enfants qui sont exposés à des risques majeurs contre leur protection», déplore la coordinatrice de la Fondation Dieu Bénit, Nadjibaibé Séphora.

La conférence a été l’occasion pour la Fondation Dieu Bénit ainsi que les dix autres organisations œuvrant pour la protection des enfants à risque de présenter  leurs programmes d’aide aux enfants défavorisés, notamment ceux axés sur l’éducation. Selon la coordinatrice de la Fondation Dieu Bénit, Nadjibaibé Séphora, Les enfants font face à des risques de protection et des vulnérabilités multiples du fait de leur exposition à différentes formes de violence (physique, psychologique, sexuelle), d’exploitation, de maltraitance et de négligence dans leurs milieux de vie (maison, école, communauté, etc.). « Malgré la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant et de nombreux autres instruments internationaux, l’existence et les actions du Ministère de la Femme et de la Petite enfance qui s’occupe de la protection de l’enfant au niveau gouvernemental, la protection des enfants au Tchad reste problématique», relève ouligne la coordinatrice.

La coordinatrice poursuit que  les risques de protection existent aussi bien dans les zones rurales que les zones urbanisées du pays. Ainsi, selon une étude de l’UNICEF, plus d’un enfant sur dix n’atteindra pas son cinquième anniversaire en raison de mauvaises conditions de santé, un enfant sur deux en âge d’aller à l’école primaire est hors de l’école et seules 40% des filles achèvent l’école primaire (pour le lycée, il tombe à 15%). A ces observations, s’ajoute la situation des enfants en conflit avec la loi qui sont gardées dans des milieux carcéraux avec les adultes sans aucune séparation ni un plan de prise en charge alternative et de réinsertion communautaire.

« Face à ce constat alarmant qui soulève le problème d’accès aux soins et la scolarisation des enfants en général, la situation des enfants à risque de protection est pire. C’est pourquoi, nous, 10 organisations œuvrant pour la protection des enfants avons décidé de commémorer cette journée dédiée à l’enfant Africain en organisant une série d’événements et d’activités visant à sensibiliser le public à l’importance de l’éducation pour les enfants défavorisés. », justifie-t-elle.

Il faut souligner qu’un mémorandum de plaidoyer sera adressé au ministère de la Femme et de la Petite enfance pour garantir un accès aux enfants à risque à des services gratuits de qualité sur la santé, l’éducation ainsi que la prise en charge alternative et la réinsertion communautaire afin de garantir leur protection dans la ville de N’Djamena et au Tchad en général.