Tchad: les figures emblématiques du cinéma

Tchad: les figures emblématiques du cinéma

Bien que très jeune, le 7e art a toujours été pour le Tchad un moyen de visibilité. Le cinéma tchadien a des têtes d’affiche qui font la fierté du pays à l’international. Tchadinfos.com vous fait découvrir quelques-unes de ces figures emblématiques.

Vu d’ailleurs le cinéma tchadien ne compte que trois figures majeures. Mais sur le plan national, le pays compte plusieurs autres figures ainsi qu’une relève déjà en place et présente.

Mahamat Saleh Haroun

Le cinéaste Mahamat Saleh Haroun

Monstre sacré du cinéma tchadien, c’est lui qui a donné ce titre de noblesse au 7e art du pays de Toumaï. Il est le réalisateur du premier long métrage tchadien « Bye Bye Africa » en 1999. Mahamat Saleh Haroun a d’abord suivi une formation en journalisme en France et a travaillé dans plusieurs quotidiens régionaux français. Il vient dans le cinéma avec un premier court métrage intitulé « Tan Koul » en 1991. Mais, c’est avec son second film Maral Tanié, sorti en 1994, qu’il s’est fait connaître. Abouna, Darett, Un homme qui crie…, Gris-gris, ces chefs-d’œuvre sont à mettre à son actif. Il reçoit plusieurs récompenses pour ses nombreux films. En 2008, Mahamat Saleh Haroun reçoit le titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Il a été ministre en charge de la Culture de février 2017 à février 2018. Initiateur du Mois du livre et de la lecture au Tchad, il a publié chez Gallimard en 2017 son premier roman « Djibril ou les ombres portées ». Cette même année, il sort son premier film entièrement tourné en France, « Une saison en France ».

Issa Serge Coelo

Il est né à Biltine en 1967. Après son bac, il étudie d’abord l’Histoire à l’Université de Paris avant d’opter pour une maîtrise de cinéma à l’école supérieure de réalisation audiovisuelle. En 1994, il réalise son premier film « Un taxi pour Aouzou ». Il poursuit avec deux documentaires avant de réaliser en 2000 son premier long métrage « Daresalam ». On compte à ce jour une dizaine de réalisations d’Issa Serge Coelo. Son dernier film « N’Djamena City » est sorti en 2008 . Issa Serge Coelo a également produit plusieurs films africains avec Parenthèse Film, sa société de production. Plusieurs fois membre de jury dans des festivals internationaux, il est aussi le directeur de la salle de cinéma Le Normandie qui a malheureusement fermé en 2018.

Youssouf Djaoro

Son jeu d’acteur est unique avec un zeste de touche tchadienne par moment. Il est le comédien tchadien, sinon le seul à vivre de ce métier au Tchad. Youssouf Djaoro est un amoureux du cinéma. Il saute sur une occasion, celle du casting du film « Daresalam » d’Issa Serge Coelo. Il interprète alors un des chefs rebelles dans ce film qui raconte la guerre. Ensuite, il a travaillé avec Mahamat Saleh Haroun dans « Daratt ». Youssouf Djaoro devient l’un des visages du cinéma tchadien en tenant le premier rôle dans « Un homme qui crie » de Mahamat Saleh Haroun en 2018. Un rôle qui sonne comme une consécration. Puisque désormais il tient des rôles dans des films internationaux tels que : « Thom », « Au fil d’Ariane », « Aissa ». Il a reçu plusieurs récompenses et distinction et porte toujours fièrement haut le drapeau tchadien.

Zara Mahamat Yacoub

La réalisatrice Zara Mahamat Yacoub

Elle est la seule femme de cette liste. La grande journaliste Zara Mahamat Yacoub est aussi une cinéaste de renom. Après des études de Lettres modernes à l’Université de N’Djamena, elle continue dans la communication en se spécialisant dans les médias audiovisuels en France. Elle travaille à la radio puis à la télévision nationales. En plus de sa carrière dans les médias, Zara Mahamat Yacouba a réalisé plusieurs films avec sa société de production, Sud Cap Production. En 1994, elle produit « Dilemme au féminin », un court métrage sur les mutilations génitales. Ce film controversé lui vaut une « fatwa ». Ses films reflètent ses engagements pour les droits des personnes, surtout les droits des femmes et des enfants. Elle produit en 1995 le film « les enfants de la rue » et en 1999, « Enfance confisquée ».

La relève déjà en place et à suivre

Cyril Danina

Formé en réalisation à la FEMIS de Paris, Cyril Danina est celui qui fait le lien entre la relève et les aînés du cinéma tchadien. Il a travaillé avec les deux premiers cinéastes en tant qu’assistant-réalisateur respectivement sur le film « Abouna » de Mahamat Saleh Haroun en 2002 et « N’Djamena City » d’Issa Serge Coelo en 2008. Cyril Danina a, à son actif, plusieurs films dont la série « Age d’or » sortie en 2009. Il est en outre le Secrétaire général Afrique centrale de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI). Cyril Danina codirige la société de production « Top Communication » avec Youssouf Djaoro.

Pepiang Toufdy

Ce natif de N’Djamena est animateur socio-culturel de formation. Pepiang Toufdy débarque dans le cinéma en 2006 avec le court métrage « Lettres de l’étranger ». Ce film est produit dans le cadre d’un atelier de Jeunes Travailleurs de Tours. En 2008, il produit « Enfant immigré ». Ensuite il réalise grâce au soutien financier du Programme européen jeunesse en action « Esclavage moderne de Fatou » en 2013. Ce fut son premier long métrage. Ses deux films reçoivent plusieurs distinctions notamment le titre de Meilleur film d’Afrique centrale aux Ecrans Noirs en 2016 pour son long métrage. L’association Prod’Cité, les festivals Imag’IN et Toumaï Film, l’émission WantedTV sont à mettre à son actif. Son dernier film, le court métrage « Daymane Tours » est sorti en 2016.

Laisser un commentaire