vendredi 20 mai 2022

Culture : vers la disparition du ballet national

Après plus de cinquante années d’existence, le ballet national tchadien qui a fait retentir l’hymne national un peu partout dans le monde bat de l’aile. Ses danseurs mettent de côté le professionnalisme pour chercher à joindre les deux bouts. Rencontre avec son directeur, Mbainaidoh John.

Et si on valorisait le ballet national tchadien ? Une chose est certaine, cela permettra de mettre plus en valeur la culture tchadienne, mais actuellement, à l’allure où ce ballet évolue, ce souhait n’est pas loin d’une illusion.

Tenez ! C’est à partir des années 1960 que le ballet national tchadien commençait à prendre forme avec le nom de ballet Djingué. A l’intérieur comme à l’extérieur du pays, il a su arracher le sourire aux publics et a pu remporter une multitude de distinctions, parmi lesquelles la médaille d’or au festival des arts nègres, la médaille d’argent aux jeux de la francophonie au Canada et la médaille de bronze aux jeux de la CENSAD au Niger. « Ce ballet a vraiment fait la fierté du Tchad », se rejouit Mbainaidoh John, danseur et actuellement directeur de ce ballet.

Le ballet national, en plus de donner de la valeur à la culture tchadienne, est le miroir à travers lequel on apprécie la diversité culturelle du pays. Mais depuis quelques années, « il n’existe que de nom… il n’y a rien de concret », regrette Mbainaidoh John.

Pas de local approprié, pas de tenues pour les représentations, le ballet national tchadien est loin d’être un ballet professionnel. Ce qui décourage ses membres qui sont obligés de se donner à d’autres activités pour pouvoir joindre les deux bouts, car l’Etat ne les paie pas. Pourtant, « dans les années où le Tchad n’exploitait pas encore son pétrole, le ballet national avait un fonds de fonctionnement », se remémore le directeur.

Le malheur du ballet national proviendrait de la précarité du ministère de la Culture

Au moment où nous écrivons ces lignes, le ballet national se trouve face à une kyrielle de besoins mais les satisfaire reste une équation que même le ministère de la Culture peine à résoudre. Situation que Mbainaidoh John, lui qui occupe la direction de ce ballet trouve compréhensible, car dit-il « le ministère n’a pas de moyens » et à côté des autres ministères son budget est insignifiant.

Au regard de tout cela, le directeur plaide pour une seule chose : « il faut donner des moyens au ministère de la Culture. Si le ministère a des moyens, il pourra valablement accompagner les artistes dans leurs réalisations », soutient-il.

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