Mardi 3 août 2021

Culture : entre loisir et métier, les artistes musiciens tchadiens se perdent

MUSIQUE – Au Tchad vivre de son art et surtout de sa musique est presqu’une utopie. Entre métier et loisir, l’on ne se sait pas exactement ce qu’est la musique pour les artistes tchadiens. Les musiciens Sultan et Moussa Aimé se prononcent sur le sujet.

Même les musiciens le reconnaissent, la musique tchadienne demeure coincée avec un futur incertain. Les artistes tchadiens n’arrivent pas à vivre de leur musique parce qu’ils ne sont valorisés au pays.

Malgré les multiples sensibilisations faites par les promoteurs culturels pour rattacher le Tchadien à la musique du terroir, la situation demeure la même. L’Homme tchadien est toujours friand de ce qui vient de l’extérieur. « Les artistes tchadiens ne sont pas très encouragés… quand c’est un musicien qui vient d’ailleurs, le public tchadien est prêt à mettre même 50 000 pour assister à son concert », regrette Moussa Aimé, chanteur et compositeur.

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 La diversité linguistique tue la musique tchadienne

Le pays est composé de plus de 250 dialectes, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Cette diversité linguistique influence considérablement et négativement l’expansion de la musique du pays. « Au Tchad, ce n’est pas tout le monde qui parle la même langue. Si le musicien utilise l’arabe pour chanter, il n’est pas sûr qu’il soit écouté et aimé dans la partie sud du pays. Et si l’artiste chante en Sara, sa chanson aura le même problème au nord », constate Moussa Aimé. 

L’absence de professionnalisme ne fait pas évoluer la musique tchadienne

Rares sont les musiciens tchadiens qui s’arrangent à avoir des musiques faites à base de matériels sophistiqués et surtout la passion de la musique ne s’accompagne pas de la professionnalisation. « Ce qui nous manque au Tchad c’est l’industrie de la musique. Or sans cela, nous ne pouvons pas nous comparer aux autres », reconnait l’artiste Sultan avant d’ajouter qu’ « au Tchad, le musicien est à la fois chanteur et son propre producteur ».

Pour Nadji Madou, enseignant-chercheur et consommateur de la musique tchadienne, « il reste seulement à canaliser la musique tchadienne pour qu’elle soit professionnalisée ».

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