Culture : de l’ambition à la réalisation, Mawndoé dompte l’histoire face à l’orage

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Mawndoé est entré dans l’histoire. Ce 13 novembre, l’artiste clôture en beauté sa tournée le Mawndoé Tour au stade Idriss Mahamat Ouya.

Alors que les lumières de la scène se sont éteintes, un rideau humain s’est formé à droite du podium, les enfants Mboro, comme l’artiste les appelle affectueusement, flânaient avec allégresse. Sur la même ligne, une vingtaine de femmes vêtues de rouges et jaunes suivaient la cadence, ce sont les reines de Gaoui.

Ce bouclier humain, guidé par Mawndoé avance vers le public, passe ses salutations avant de monter sur scène. Les lumières se rallument et font place au spectacle. Les premières notes fredonnent, l’artiste mise d’entrée sur le titre « Au nom de l’art », le public en transe l’accompagne avec des chœurs et le stade prend l’allure d’une boîte de nuit.

Les frissons montent d’un cran quand Mawndoé entonne le morceau “I am a lion” en invitant Moussa Aimé qui reprend avec lui ce hit de sa setlist. Des jeunes venus entre amis, par établissements mais aussi individuellement, ont pris d’assaut la pelouse. Quelques autres sont visibles sur les tribunes pour s’adonner à cœur joie à la cadence. Ils connaissaient la plupart de ses paroles et sautillaient sur le rythme des titres tels que : Mal vu, Al Farhan, Netoua, J’aime ce pays… Le moment le plus fort de ce concert demeure cet instant où le public réclame le titre fétiche Allah Oun Doî Deu.

Public du Stade


Le stade contre vents et marées

Mawndoé est le deuxième artiste tchadien après le rappeur Sultan en 2012 pour la sortie de l’album porte 7 à faire le stade. Même si, jusqu’ici aucun des deux ne l’a entièrement rempli, ce pari est osé dans un milieu ou les mécènes et grosses boîtes misent plus sur des artistes étrangers, où le public a été habitué a avoir en tête que le stade ne se fait remplir que par des stars mondiales. Si la plus difficile des choses est le premier pas à faire, ces artistes ont réussi à donner l’orientation.


Cette apothéose marquera les esprits et peut-être plusieurs générations de par la polémique qu’elle a engendrée en passant par le courage et la détermination de l’artiste à la réaliser coûte que coûte. Mawndoé aura dompté l’histoire à sa façon face aux défis d’oser et surtout de mener à bien ce combat qu’il a engagé.

La réussite financière autour de ce concept semble aboutie bien que nous n’ayons pas les statistiques exactes. Cependant l’artiste a fait face à l’orage. Les mélomanes, certains, mécontents, l’ont ouvertement exprimé. Qu’elle émane de la conduite de Mawndoé, qui peut être incompris dans sa philosophie ou des consommateurs de sa musique, cette situation de non support par quelques adeptes de la musique qui s’est affichée sur la toile devrait servir de leçon.


L’artiste appartient à tout un peuple et le peuple est le reflet de son art à travers sa consommation, son support et la joie qu’il procure. Pour sortir la musique tchadienne de ces enclos, la culture de l’unité par les artistes entre eux-mêmes et du public peut sembler nécessaire.

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