jeudi 9 février 2023

Introduction d’une section arabe à l’Ena : « elle est une école de tradition française », Djimrassem Thalès

Devant des cadres arabophones, à la Présidence, le 21 juin,  le président du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Deby Itno, a annoncé l’ouverture d’une section arabe au sein de l’École nationale d’administration (Ena). Le psychopédagogue, Djimrassem Thalès, émet des doutes quant à l’application d’une telle décision.   

D’emblée, l’enseignant-chercheur à l’université de N’Djaména, Djimrassem Thalès, observe une ”mauvaise” compréhension et application du bilinguisme dans le système éducatif tchadien. « Lorsqu’on parle de bilinguisme, on contribue à former chaque Tchadien afin qu’il soit en mesure de s’exprimer, d’écrire en français et en arabe. C’est le principe de base d’un programme bilingue », note-t-il.

Au Tchad, l’on se rend compte qu’on est dans un parallélisme linguistique ou d’un côté, il y a le monde des francophones et d’un autre, des arabophones, regrette Thalès.

S’agissant de l’instauration d’une section arabe à l’École nationale d’administration (Ena), dès la prochaine session, le psychopédagogue ne s’emballe pas. «  Le problème se situe au niveau des ressources humaines. Est-ce qu’au niveau de l’École nationale d’administration, ils peuvent avoir des formateurs qui ont le profil et qui peuvent être en mesure de dispenser la même formation dans la section arabophone ? L’Ena est une école de tradition française », doute-t-il.

Djimrassem Thalès redoute un éventuel conflit entre francophones et arabophones. «  Introduire une section arabe va en réalité créer des problèmes parce que là, il faut avoir une administration arabophone à part, un programme à part. La cohabitation dans la formation sera difficile. L’expérience que nous avons ici au niveau de l’université est que nous avons deux mondes parallèlement opposés qu’on oblige à vivre ensemble.  Lors des évaluations, on se rend compte que les arabophones ne sont pas sévères. Certains collègues arabophones pensent qu’ils ont pris de retard et qu’il faut avancer rapidement pour combler ce niveau », constate-t-il.

Il propose que comme au Burkina, le système francophone fonctionne à part ; et créer un sous-système pour l’arabe. « Je pense qu’au Tchad, le bilinguisme ne peut pas aboutir. Dès lors que les gens ne sont pas préparés psychologiquement, intellectuellement à vivre en ensemble,  et que pour des raisons politiques ou stratégiques, on les met à vivre ensemble, on ne peut pas arriver à un résultat escompté », analyse-t-il.

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