mardi 7 décembre 2021

Santé : un chercheur tchadien met en évidence le fort risque de décès de Covid lié à certaines comorbidités

En collaboration avec des chercheurs français, suisses, norvégiens et italiens, le chercheur tchadien Mahamat Saleh Yahya a montré que le diabète, l’hypertension, l’obésité et le tabagisme contribuaient à eux seuls à environ 30% de la mortalité chez les patients atteints de COVID-19. Les résultats de cette étude viennent d’être publiés dans la revue scientifique « BMJ Open ».

L’équipe de chercheurs de l’INSERM en France (Institut national de la santé et de la recherche médicale), dont fait parti le Tchadien Mahamat Saleh Yahya, a noté que depuis les premiers rapports sur le SARS-CoV-2 (communément appelé COVID-19), plusieurs études se sont orientées sur l’identification des facteurs de risque liés aux formes graves du SARS-CoV-2, conduisant à une saturation des services de soins intensifs et donc à une mortalité importante observée dans les hôpitaux des différents pays du monde.

Ces chercheurs ont aussi relevé que l’âge est le principal facteur de risque d’hospitalisation et/ou de décès pour COVID-19 ; car « l’âge est fortement associé à plusieurs comorbidités ». En effet, poursuivent-ils, des études ont montré que les patients présentant certaines comorbidités, en particulier le diabète, l’hypertension, l’obésité ou les maladies liées au tabagisme, avaient des formes graves de la maladie.

« Environ 20 à 51 % des patients hospitalisés avec COVID-19 présentent au moins une comorbidité grave d’après les récentes études. Néanmoins, les résultats de la plupart des études sur les comorbidités et la mortalité liée au COVID-19 étaient hétérogènes et contradictoires », l’équipe de Mahamat Saleh Yahya.

C’est ce qui les a amenés à s’interroger sur la proportion de décès par COVID-19 liée à la présence du diabète, de l’hypertension, de l’obésité ou du tabagisme et à se lancer dans cette étude.

Ils ont combiné les résultats de 186 études observationnelles, publiées entre le 1erdécembre 2019 et le 14 novembre 2020 sur un total de 6 007 études identifiées dans les bases de données médicales. Une étude qui a inclus plus de 210 000 décès sur 1 304 587 patients atteints de COVID-19. Ainsi, ils ont découvert que :

  • Les patients diabétiques avaient 54% plus de risque de mourir de COVID-19 par rapport aux patients  non diabétiques.
  • Le risque de décès était 42% plus élevé chez les patients hypertendus que ceux non-hypertendus
  • Les patients obeses avaient 45% plus de risque de décéder par COVID-19 comparé à ceux non-obèses
  • Le tabagisme (actuel ou ancien) était associé à une augmentation de 28 % du risque relatif de décès chez les patients atteints de COVID-19.

Globalement, le nombre de décès attribuables à l’obésité est de 11%, au diabète 8 % et celui attribué à l’hypertension et au tabagisme respectivement de 7 % et 2 %.

Pour Mahamat Saleh Yahya, les résultats de cette étude peuvent avoir une importance toute particulière dans une perspective de santé publique pour la prévention des formes graves de COVID-19, conduisant à la surcharge des hôpitaux et à l’augmentation du nombre de décès à l’hôpital dus au COVID-19.

Mahamat Saleh Yahya conseille la vaccination

« Nos résultats, précise-t-il en conclusion de ce travail, confirment que les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire, en particulier celles souffrant du diabète, d’hypertension et d’obésité, devraient en priorité être vaccinées et recevoir même en temps utile une troisième dose de vaccin, ce qui est déjà le cas dans les pays du nord, afin de limiter les taux de mortalité plus élevés dans les hôpitaux », affirme le chercheur tchadien. Selon lui, la vaccination reste, aujourd’hui le seul moyen pour limiter cette flambée des formes graves car les études récentes confirment « l’efficacité » des vaccins sur les formes grave de la maladie mais aussi sur la mortalité.

Il relève que les pays à faible revenu, en particulier les pays africains, moins favorisés que les pays du nord, n’ont jusqu’ici pas eu des doses suffisantes pour vacciner toute leur population. C’est pourquoi, il pense qu’il est souhaitable que ces pays vaccinent en priorité les personnes âgées et celles présentant des comorbidités graves avec les doses dont ils disposent. « Cette priorité doit s’étendre aussi bien évidemment aux professionnels de santé appelés à soigner les formes graves de manière à éviter pour eux tous risques de contamination », conseille-t-il

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