International : un pays sur huit consacre à la dette un budget plus important qu’aux services sociaux essentiels

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L’éducation, la santé, la protection sociale réunies pèsent moins que la part de la dette dans le budget d’un pays sur huit (8) dans le monde. C’est ce qui ressort d’un rapport du Fonds des Nations-unies pour l’Enfance (Unicef), publié le 1er avril 2021.    

Plusieurs pays du monde  consacrent une part plus importante de leurs dépenses publiques au service de la dette qu’aux services sociaux ces 12 derniers mois.  L’éducation, la santé et la protection sociale passent au second plan.  ’’Les pays endettés ont revu à la baisse les budgets consacrés à la protection de l’enfance, à la nutrition et aux services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène’’, souligne le rapport. Une situation qui, selon le document, laisse aux enfants, à leur communauté et leur pays moins d’espoir d’un développement économique et durable. ’’Les enfants vivant dans des pays lourdement endettés qui n’ont pas beaucoup de ressources à allouer à la protection sociale, à l’éducation et à la santé ont peu de chances de s’affranchir un jour de la pauvreté et des privations’’.

Cette situation s’explique d’une part par l’avènement de la pandémie de Covid-19 qui a provoqué, selon le rapport, un délaissement du secteur d’éducation, et d’autre part des dettes qui constituent un fardeau pour les pays.  ’’La pandémie a entraîné une catastrophe mondiale en matière d’éducation, à laquelle il est urgent de remédier pour éviter que la génération de la COVID-19 ne soit une génération perdue’’.

D’après le rapport, avant la pandémie de coronavirus, les pays ayant les niveaux les plus élevés de service de la dette ’’dont la Gambie, Haïti, le Soudan du Sud et le Tchad consacraient au moins 3 dollars américains à la dette pour chaque dollar alloué aux services sociaux essentiels’’.

L’Unicef demande une restructuration de la dette

Il a été relevé que ’’la réponse globale à la crise de la dette est trop faible par rapport à la mobilisation budgétaire d’ensemble face à la Covid-19’’. Une circonstance qui augmenterait le niveau de vulnérabilité des pays endettés malgré le moratoire sur la dette accordé par le club de Paris du 1er mai au 31 décembre 2020. ’’Le moratoire sur la dette ne porte pas actuellement sur la dette commerciale, ce qui accroît la vulnérabilité des pays à revenu intermédiaire’’.

Le Fonds des Nations-unies pour l’Enfance demande une réorganisation de la dette à l’endroit de pays lourdement endettés pour protéger les droits des enfants dans le sillage de la COVID-19. ’’ Il est essentiel d’alléger et de restructurer en profondeur la dette pour assurer une reprise qui soit à la fois inclusive et durable et éviter aux enfants de subir un double fardeau : la réduction des services sociaux aujourd’hui et l’accroissement de la dette à l’avenir’’.  L’Unicef interpelle les créanciers et les gouvernements à unir “leurs efforts pour réduire le fardeau de la dette et affecter les économies ainsi réalisées à des investissements sociaux pour tous“.

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