À l’occasion de la fête de la musique, célébrée chaque 21 juin à travers le monde, le Tchad n’a pas fait exception. Depuis quelques jours, plusieurs quartiers de N’Djamena vibrent au rythme de concerts et de festivités musicales. Cependant, au cœur de cette ambiance festive, une voix de mécontentement se fait entendre parmi les artistes musiciens traditionnels, qui constatent avec regret l’oubli et la mise à l’écart de leur art dans les programmations officielles.

La musique traditionnelle, avec ses instruments et ses rythmes authentiques, constitue une part essentielle du patrimoine culturel tchadien. Cependant, sans une reconnaissance et une valorisation adéquates, ce patrimoine risque de tomber dans l’oubli. À l’occasion de la fête de la musique, célébrée chaque 21 juin à travers le monde, les artistes musiciens traditionnels, constatent avec regret l’oubli et la mise à l’écart de leur art dans les programmations officielles.

Wakili Ba, un musicien traditionnel, exprime sa désolation face à cette situation : “La musique traditionnelle est délaissée à elle-même. Aujourd’hui, à l’Institut français du Tchad, j’ai vu Frédéric Samara, je ne sais pas s’il accompagne quelqu’un ou s’il joue, mais la musique traditionnelle a été délaissée carrément“.

Pour Wakili Ba, cette négligence est symptomatique d’une tendance plus large où la musique traditionnelle n’est pas valorisée. “Certains artistes essaient de mélanger la musique traditionnelle de chez nous avec d’autres styles, mais ça ne donne pas. Nous avons nos instruments traditionnels qui sont là, mais on ne les valorise pas“, fait-il la remarque.

Frédéric Samara, malgré qu’il a été programmé, partage ce sentiment et appelle à une réévaluation de la place de la musique traditionnelle dans la culture tchadienne. “Quand je joue la musique traditionnelle, je sens en moi mon âme, mon identité, ma valeur personnelle. Qu’on la valorise ou non, ça fait ma vie à moi. Le seul message que je dois laisser, c’est de regarder un peu la musique traditionnelle, mettre en avant nos traditions comme le font nos frères de l’Afrique de l’ouest. Ils sont en train de mettre leur musique traditionnelle en valeur, mais pourquoi pas ici?”, s’interroge-t-il.

Cet constat met en lumière un défi majeur pour les promoteurs culturels tchadiens d’intégrer davantage la richesse de la musique traditionnelle dans les événements nationaux.

Pour ces deux musiciens traditionnels, pour préserver et promouvoir la diversité musicale du pays, il est impératif que les organisateurs accordent une place de choix à la musique traditionnelle. Seule cette démarche permettra de célébrer pleinement la richesse musicale du Tchad et de la transmettre aux générations futures.