Tchad: les arbustes de la Ceinture Verte peinent à pousser

Lancé depuis 2008, le reboisement de la Ceinture Verte n’a pas donné pas le résultat escompté. Les arbustes, s’ils n’ont pas péri faute d’eau et d’entretien pour les uns, peinent à pousser pour d’autres. 

Périphérique du quartier Gassi. Juste à 8 km à la sortie est de N’Djaména, à environ 1 kilomètre du futur siège de l’Assemblée nationale en construction. Des grillages plaqués sur des poteaux de 2 mètres indiquent les limites de la Ceinture Verte, large de 200 mètres, sépare le quartier Gassi d’avec le village de Dino laissant quelques couloirs de passage. Le sol noir hachuré indique une zone aride, presque vide d’arbres en dehors de quelques acacias qui longent un bras du fleuve Chari. De nombreuses femmes recrutées pour le besoin de la cause, répandent de l’eau manuellement sur les accacias albida. D’autres creusent des trous d’une trentaine de centimètres presqu’à la main sur un sol argileux pour y planter d’autres. L’accacia albida a été préféré pour sa capacité d’adaptation à la rudesse du milieu, mais aussi pour les services qu’il rend à la population en produisant de la gomme arabique. Cependant, d’autres espèces comme les manguiers y figurent également. «Cette profondeur ne peut pas permettre de faire pousser un manguier. Il faudrait au moins un à deux mètres de profondeur, remplir les trous de remblai et le fertiliser avec des produits ou les déchets d’animaux», indique un agronome, propriétaire d’un jardin à Bakara. Conséquences : parmi les arbustes plantés, il y a 5 ans, très peu sont encore en vie et la taille de la plupart d’entre eux, n’atteint pas un mètre. Négligence du projet par la partie tchadienne? Pourtant, beaucoup d’argent a été englouti pour financer le projet de la Ceinture Verte. Sans compter la mobilisation des N’Djaménois, qui, par ministère ou par entreprise, se rivalisant pour montrer son adhésion à ce projet continental, en plantant des arbustes à leurs propres frais. Sur la parcelle attribuée à la plantation des arbres au REPAR (Réseau des parlementaires d’Afrique Centrale), le constat est pareil sauf changement de stratégies d’entretien. Un forage vient d’être installé et la canalisation est en cours pour permettre d’arroser assez facilement et abondamment les arbres mis en terre, il y a quelques années. L’idée a-t-elle échappé aux responsables de l’Environnement au départ ou est-ce un problème de moyens financiers? Une initiative panafricaine regroupant une vingtaine de pays, passant du Sénégal à Djibouti, lancée en 2007 par l’Union africaine, et dont l’objectif est d’ériger un couloir arboré de 7 600 km de long, et de 15 km de large pour freiner l’avancée du désert

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