Publié le 18-09-2022

Promotrice de la startup ‘’Agribaladna’’, Fatimé Akacha produit et transforme depuis 2020 des produits de bases pour la cuisine tchadienne et africaine. Elle est depuis en quête d’une certification de ses produits pour les vendre à l’international.

Derrière la startup ‘’Agribaladna’’ se cache le parcours d’une jeune entrepreneuse qui ne lâche rien. Beaucoup de filles avec qui elle a commencé l’aventure entrepreneuriale ont abandonné. « La passion est un moteur puissant de créativité » lâche-t-elle.

Grâce à sa constance, Fatimé Akacha a su se frayer un chemin malgré un environnement d’affaires hostiles aux petits entrepreneurs. Elle se souvient encore lorsqu’elle a commencé son aventure avec une petite somme, mais très vite, elle s’est aperçue qu’il faut mettre à contribution ses compétences de Génie rural pour trouver des financements.

L’ancienne élève de ”Cheikh Hamdan Ben Rachid Almakhtoum”, lycée féminin, réputé pour la qualité de sa formation, s’est lancée dans une compétition avec son projet qui s’appelait au début ‘’Toum Baladna’’ – l’ail de notre pays – en arabe. Elle en sort gagnante avec une somme de 500 000f.

Depuis lors, la startup a diversifié ses offres et est devenue ‘’Agri baladna’’- qui est la contraction de ‘’agriculture’’ et ‘’baladna’’ signifie notre pays en arabe.

Grâce à son champ de 3 hectares situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale, ‘’Agribaladna’’ produit et transforme plusieurs variétés de fruits et légumes comme l’ail, l’oignon, la tomate… « On ne transforme que ce qu’on produit puisque les produits au niveau des marchés contiennent des éléments chimiques » souligne-t-elle. L’objectif est de valoriser les produits locaux.

Si ses clients sont pour la plupart des ménages, la commercialisation de ses produits se fait par un système d’abonnement avec les restaurants, boutiques et superettes de la place. Une innovation.

Les echantillons de ses produits placés dans les rayons de sa boutique

A l’aide de ses 4 employés, Fatimé arrive à satisfaire difficilement ses quelques 10.000 abonnées du fait de l’archaïsme de ses matériels de transformation. La jeune entreprise est passée de la transformation artisanale au semi-artisanal. « C’est ça la plus grande difficulté » regrette la PDG.

L’ingénieure en Génie rural fait face au défi de l’industrialisation, des emballages mais surtout de la certification de ses produits pour elle qui veut conquérir l’international. « Nous avons entrepris des démarches pour certifier nos produits afin de toucher l’international » ambitionne la startupper.

‘’Agri Baladna’’ a déposé des échantillons au CEQOCDA, un laboratoire local pour la certification mais – ‘’ on a compris qu’ils n’ont pas les moyens de le faire ‘’- la startup a entrepris des démarches dans un autre laboratoire au Cameroun voisin. « Mais pour atteindre ces objectifs, il nous faut un financement » lance-t-elle.

Pour l’instant, à partir de sa boutique installée dans la maison familiale située dans un quartier de 8ème arrondissement de N’Djamena, elle envoie ses produits dans 4 provinces du pays où des grossistes lancent régulièrement des commandes.

Parfaitement bilingue, licence en Génie rural, plusieurs formations dans le domaine agricole, Fatimé Akacha est résolue à emprunter un chemin qu’elle sait très épineux. Elle demande aux jeunes de sa génération de faire comme elle, et ne surtout pas compter sur la fonction publique.