Tchad : 10 choses à retenir des attentes du secteur privé pour la relance économique

Tchad : 10 choses à retenir des attentes du secteur privé pour la relance économique

Les travaux de la Semaine nationale de réflexion sur la contribution du secteur privé à la relance économique ont pris fin ce vendredi 05 octobre au Palais du 15 janvier à N’Djamena. Le coordonnateur du projet de cette Semaine, Bedoumra Kordjé, en faisant la synthèse des travaux s’est attardé sur les mesures du plan d’actions à l’issue des échanges. Votre site Tchadinfos revient sur 10 de ces mesures qui peuvent être considérées comme les attentes primordiales pour la relance économique au Tchad par le secteur privé.

  • La lutte contre la corruption et l’impunité. On doit certainement reconnaître que même les corrupteurs aujourd’hui perçoivent aussi la nuisance de la corruption pour leurs affaires. C’est un cri de cœur unanime qui mérite d’être entendu.
  • L’absence de compétition ou la fausse compétition dans les marchés publics, les marchés de gré à gré, l’attribution des marchés de l’Etat à des entreprises dont le bureau est dans les « sacoches ». Ces attitudes tuent l’économie et nuisent réellement au vrai secteur privé.
  • Les jeunes ont largement demandé l’amélioration de l’accès à internet, aussi bien au niveau des coûts que de la qualité de l’accès. Les TIC sont créateurs d’emploi, source de savoir, une facilitation de l’éfficatité dans la gestion des entreprises. Il est vraiment urgent d’y trouver une solution.
  • Les jeunes et les femmes en particulier ont souligné un harcèlement fiscal incompréhensible dès la création de leur entreprise : “sans aucune activité, sans recettes, les impôts vous tombent dessus et vous demandent de payer des impôts et taxes sur la base de leur propre estimation des prévisions de vos chiffres d’affaires, et souvent les montants exigés sont exorbitants. Soit vous payez, et vous fermez votre entreprise parce qu’il ne vous reste plus rien, soit les impôts ferment votre entreprise. Il ne vous reste plus qu’à rentrer dans l’informel. Il faudrait vraiment accorder une exonération fiscale sur les 3 à 5 ans après la création des entreprises pour aider l’entrepreneuriat naissant”, précise Bedoumra Kordjé.
  • L’accès et le coût de l’Energie, toujours décrié, jamais résolu : le Tchad ne peut être compétitif, et aucun sérieux développement des PME/PMI n’est possible, encore moins la grande industrie. Les mesures volontaristes pour trouver des solutions sont nécessaires pour permettre au secteur privé de jouer son rôle.
  • Une des plaintes importantes qui revient souvent, est la compétence et l’instabilité des interlocuteurs du secteur privé dans l’Administration. Certains fonctionnaires, surtout ceux qui s’occupent des contrôles, ignorent parfois les règles même de l’Administration, et préfèrent abuser de l’Autorité de l’Etat pour sanctionner les entreprises, les harceler, et multiplier abusivement les contrôles, etc.
  • La dette intérieure non payée. C’est la première mesure attendue par les opérateurs.
  • Les problèmes juridiques semblent revenir également à plusieurs occasions : décisions de justices fantaisistes, tort obligatoire de celui qui est solvable, montant des indemnités et dommages sans aucune mesure avec la situation. Le non-respect des termes des contrats et conventions  créent  une instabilité juridique très préjudiciable aux affaires. Le corps judiciaire assez souvent refuse d’appliquer les textes de l’OHADA, de la CIMA, de la CEMAC, etc qui sont pourtant des traités internationaux sur les affaires signés et ratifiés par le Tchad.
  • Longueur excessive des délais des dédouanements très préjudiciables aux finances, à la production et au rendement des entreprises.
  • Enfin, une des préoccupations reste l’abus de pouvoir des responsables à tous les niveaux dans les provinces : civils, militaires et coutumiers, avec des taxes,  amendes et arrestations arbitraires, des humiliations, et face à l’impuissance, le salut reste l’exode vers N’Djamena. Ceci touche la population rurale qui constitue la majorité de la force active du pays. On note à cet effet que près de la moitié des entreprises du Tchad sont à N’Djamena, qui concentre à lui seul 60% des 75.000 emplois du secteur privé. Monsieur le Président, ceci vient illustrer Votre appel, à l’ouverture des travaux,  à mettre fin à l’exode rural.

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