mardi 25 janvier 2022

La MCT en crise : l’État interpellé

La situation économique que traverse la Manufacture des cigarettes du Tchad (MCT), l’ayant conduit à la réduction de son personnel, fait élever des voix dans l’opinion publique.

« La MCT paie 60 milliards par an en termes de taxe à l’État tchadien », apprend-on.  En effet, depuis 2019, une taxe spécifique de 100f, instituée par la loi de finances 2019,  est exigée à la MCT sur chacun de ses paquets vendus. Un conteneur des produits de la MCT écoulé ne rapporte pas moins de 35 millions à l’État. Une imposition jugée « exorbitante » par la filiale du Groupe imperial tobacco brands.

De 130 employés de la MCT en 2019,  seulement une trentaine est en activité. Mais, l’Association de défense des droits des consommateurs (ADC), y voit du chantage de l’entreprise pour influencer le processus en cours au titre du projet de budget 2022 pour faire annuler ou réduire le montant de 100 f sur chaque paquet. Ce prélèvement est dédié au financement de la Couverture santé universelle ( CSU). « Nous demandons à la MCT de cesser immédiatement d’instrumentaliser et de torturer moralement les quelques rares travailleurs tchadiens exploités pour sa cause », avait dénoncé l’ADC.

Pour  Laoukein Kourayo, ancien maire de la ville de Moundou, où siège la MCT, ce serait un proche du régime qui inonde le marché avec des cigarettes importées et vendues à bas prix. Il ajoute que cette entreprise nourrit « 500 mille Tchadiens ».

Résoudre la crise

Le manque de communication officielle du gouvernement et de la MCT, d’une part ; et l’absence de mesures concrètes, d’autre part,  font grincer des dents au niveau de la population.

La vingtaine, Ousmane D., vend les produits de la MCT depuis quelques années. Dernièrement, il a fait un constat amer. « Manchester par exemple là, il y a plusieurs qualités qui viennent du Soudan, Libye, etc .C’est seulement la Fine qui n’est pas contrefaite. Le paquet de la Fine ancienne coûte 1000F. La nouvelle qualité coûte 750F. Ce qui fait que maintenant, les gens ne consomment plus la Fine. On n’a plus de marché comme avant. Tu peux facilement vendre 10 paquets par jour, parmi lesquels un seul paquet de Fine. Depuis que la nouvelle qualité est arrivée, certains consommateurs disent que le gout n’est pas le même. Tantôt ils disent que ça provoque la grippe, tantôt que c’est faible. Donc on essaye de s’en sortir avec la vente des unités seulement », détaille-t-il.

AUDIO : Laoukein Kourayo Médard explique les causes de la faillite de la Manufacture des cigarettes du Tchad

Das N., assis devant ses paperasses, réagit promptement à notre sollicitation. « Le problème de la MCT nous touche directement », s’emporte-t-il. « Parce qu’un bon fumeur pense d’abord à la qualité. Quand on fume, ce n’est pas pour changer à tout moment de goût. Ce dernier temps, il y a beaucoup de produits qui viennent d’autres pays. Aujourd’hui, tu fumes quelque chose, demain tu peux tomber malade », s’insurge-t-il. Entretemps, le bâton de la Fine coûtait 25f, mais aujourd’hui,  il se vend à 50 f.

La Manufacture des cigarettes du Tchad survivra-t-elle ?

Bien que la «  cigarette ne soit pas un bon truc », Christo, assis devant le portail de la Maison des jeunes du quartier Walia, dit en consommer occasionnellement pour « créer une situation ». Selon lui, la MCT est une entreprise qui doit tirer des bénéfices sur ses produits. « C’est un business donc s’ils n’obtiennent pas leur compte, je ne vois pas pourquoi ils doivent rester », commente-t-il. Toutefois, il demande à l’État de baisser ses taxes pour permettre à la MCT de garder ses employés « parce qu’ils ont des familles sous leurs charges ».

A l’intérieur de ce centre des jeunes, Rabbi N., qui dit ne pas être concerné par cette situation, puisque n’étant pas fumeur,  interpelle quand même le gouvernement à songer aux employés de la MCT qui pourraient se retrouver en chômage si la crise persiste.  

Das N. de revenir à la charge. « On n’est pas des consommateurs (…)Il faut vraiment que l’État et la MCT s’entendent pour mettre les consommateurs à l’aise », lance-t-il.

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