Le Conseil des ministres du 20 juin a notamment décidé de la dissolution du Fonds de développement de la statistique (FNDS). Le Réseau des diplômés des grandes écoles de statistique au Tchad (REDIGEST) dénonce la procédure de dissolution et parle « d’un retour à la case départ ».

Le REDIGEST dit avoir appris avec une « grande surprise » cette dissolution, qui est un « retour à la case départ » et une « mauvaise réponse à un vrai problème ». « La procédure de sa dissolution également nous heurte parce que cela constitue encore une entorse à une gestion concertée d’un secteur hautement technique et stratégique pour le développement à court et long terme d’un pays », affirme Merci Arsène, président du REDIGEST, fustigeant la « prise en otage » du domaine par des non-statisticiens. « C’est avec amertume que je vous dis que des ingénieurs statisticiens et statisticiens économistes sont au chômage ou sont réduits à des agents enquêteurs dans les opérations de statistiques ».

Cette dissolution aura comme conséquences « la chute de la production statistique au niveau des services sectoriels en lien avec la question du financement, et même celle de la coordination. C’est clair également que cela va continuer à affecter la disponibilité des ressources humaines qualifiées ».

Le Réseau relève que le FNDS est devenu une administration « budgétivore », ne respectant pas l’idée ayant animé sa création. « Il y a un défaut congénital qui pourrait être réglé par cette suppression : l’idée de création du FNDS pour nos pairs statisticiens et démographes est d’abord et avant tout de disposer d’une structure légère chargée de gérer une ligne de crédit qui devait recevoir différents financements avec juste une direction exécutive qui doit avoir au plus 5 personnes (y compris le chauffeur et le planton) », explique Merci Arsène.

Le président du Réseau évoque même un conflit d’intérêt entre le Fonds et l’INSEED (Institut national du développement de la statistique, des études économiques et démographiques) parce que ce dernier ne « joue pas véritablement son rôle ». « C’est grâce aux statisticiens recrutés par le FNDS que les structures sectorielles ont pu booster leur production des dernières années. Ce rôle, fondamentalement, revenait à l’INSEED mais n’a jamais été joué », critique-t-il.

Le REDIGEST exige du gouvernement de recréer le FNDS et de réexaminer l’ensemble des textes régissant le Système statistique national (SSN). « La réexamination des textes doit inclure la participation active des statisticiens pour nous permettre de tirer parti des leçons en matière de gouvernance de notre appareil statistique national », interpelle Merci Arsène.