A N’Djamena, les établissements d’éducation des sourds se comptent au bout des doigts. L’un des plus anciens, l’école évangélique tchadienne pour les sourds (EETS), situé à Ardep-Djoumal, dans le 3e arrondissement, traverse des difficultés.

L’EETS a traversé le temps. Depuis sa création en 1986, par un Américain, elle ne cesse d’éduquer les malentendants. Faisant d’elle, une référence pour ces couches vulnérables.

Vieille, mais visiblement debout, grâce notamment à ses partenaires, l’école fait face, depuis quelques années, aux difficultés. Le sourire des élèves et la peinture récemment appliquée sur les murs et salles, sont l’arbre qui cache la forêt. ‘’On recrute tous les sourds, garçons et filles avec un droit d’inscription de 35000 FCFA. On leur enseigne exactement le programme officiel, avec le langage des sourds. C’est avec les frais d’inscription que nous achetons les matériels. Il arrive des fois ou l’inspecteur nous donne des matériels comme les règles, livres, etc.’’, cite le directeur administratif du primaire, Adoumnodji Beyem.

Sous nos yeux, des va-et-vient se font. Les élèves ou parents d’élèves passent dans les différents bureaux demander des dérogations sur la date de paiement des droits scolaires. ‘’C’est une école à caractère caritatif ‘’, siffle Beyem.

Les difficultés de l’école ont commencé à se faire ressentir lorsqu’une ONG suisse, principale donatrice, a cessé ses appuis multiformes en 2019. ‘’ Le personnel est divisé en deux. Il y a une partie qui est intégrée ; et, une autre, est contractuelle. On se gère, on persévère, on patiente dans la foi chrétienne. Avec l’espoir que tôt ou tard, nous pourrons trouver des financements. Pour le moment, on se contente du peu que nous trouvons ‘’, raconte Beyem.

Du haut de ses 17 ans au sein de l’EETS, l’une des plus grandes satisfactions du directeur administratif est de voir ses élèves intégrer le monde professionnel. ’’Il y a des anciens élèves qui sont devenus des couturiers, menuisiers, informaticiens, enseignants, etc. Le problème se pose au niveau de l’embauche. A cause de leur handicap. Mais, il y en a qui se débrouillent pas mal ‘’, se félicite-t-il, appelant l’Etat à intégrer une partie du personnel de l’école. ‘’Il faut que l’Etat songe à l’intégration de certains encadreurs. Ce sont nos doléances de chaque année’’, se plaint-il.