A la découverte de : Aaron Padacké Zegoubé, l’une des figures de la nouvelle génération de cinéastes tchadiens

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Aaron Padacké Zegoubé est un cinéaste réalisateur tchadien. Cette semaine, votre rubrique « A la découverte de… » vous dresse son portrait.

Déjà plusieurs films à son actif mais il demeure relativement peu connu. Le fait qu’il soit derrière la caméra et non devant pourrait être une explication. C’est du réalisateur Aaron Padacké Zegoubé dont il s’agit.

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Ce fils du Mayo Kebbi Ouest qui dit que « le cinéma est une passion » se rappelle qu’enfant, il s’intéressait beaucoup aux films dans les vidéos clubs de Pala mais « pas vraiment avec l’idée de faire du cinéma ». Après les cours primaires entre Pala et Léré, il débarque à N’Djamena et s’inscrit au secondaire au lycée d’Habena. En seconde, Aaron Padacké Zegoubé adhère au club du « journal scolaire » où, avec les autres, ils ont développé l’idée de la communication, du journalisme. L’homme de 35 ans souligne que les moments passés dans ce club « ont été décisifs » dans son choix de faire du cinéma.

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C’est ainsi qu’après son baccalauréat A4 en 2007 au lycée Félix Eboué de N’Djamena, il s’envole pour l’Algérie. Il confie qu’à Alger c’était pour faire la communication et non spécialement le cinéma. Mais c’est sous l’influence de ses amis et d’un autre ami algérien qui l’a accueilli dans sa maison de production à Tizi Ouzou en Kabylie qu’il s’est décidé à faire la réalisation cinématographique.

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Rentré au Tchad depuis une dizaine d’années, Aaron Padacké Zegoubé est recruté par la télévision nationale en tant que réalisateur quelque temps après son retour. « Malheureusement au Tchad, le cinéma ne nourrit pas très vite son homme ». Ainsi, c’est à la télé qu’il a réalisé ses premiers documentaires. Avec le temps, il a commencé à travailler avec des maisons de production indépendantes et a créé son espace de cinéma.

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La filmographie du réalisateur, entre documentaires et fictions, courts métrages et longs métrages est bien garnie. L’on peut énumérer, entre autres « Tchad’Afric, espoir du cinéma » (portrait du célèbre réalisateur tchadien Mahamat Saleh Haroun), « Edouard Sailly, le photographe des présidents » (en mémoire du premier cinéaste et photographe tchadien qui a travaillé sous les présidents de Tombalbaye à Idriss Déby Itno), car « Edouard Sailly est un monument, une bibliothèque tchadienne qui n’est pas exploité ». Le film le plus connu est, d’après Aaron Padacké Zegoubé, « Sur les traces de Toumaï : Michel Brunet au nom de l’humanité » qui passe sur TV5 Monde et disponible en streaming sur Internet.

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Le film sur l’ancêtre de l’humanité a été sélectionné au festival scientifique de La Réunion (île constituant un département français) en 2020, à la 29e fête de la Science à Bordeaux et à Poitiers en 2019, au festival « Ecrans noirs » au Cameroun en 2019 et en 2021 au 30e anniversaire de la fête de la science organisée par l’ambassade de France à Yaoundé et à Douala au Cameroun.

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Celui qui vient de décrocher un Master professionnel en cinéma à l’université de Yaoundé1 était également au marché du film au Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) en 2021 dans le cadre de son prochain film. Justement, il est en ce moment sur un long métrage : « Saboura la patiente » dont l’actrice principale est une orpheline à cause de la guerre qui a emporté ses parents.

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Le cinéaste qui vient de recevoir un appui de 70 millions du gouvernement pour son film en cours indique que le Tchad a d’énormes potentialités cinématographiques que la volonté politique doit accompagner. « Nous sommes un pays riche, avec une diversité culturelle très riche. Pour vendre, pour porter la voix et les images de ce pays très haut, nous avons besoin de la volonté politique. Sans la volonté politique, nous ne pouvons rien faire », plaide-t-il.

En plein tournage (Aaron Padacké Zegoubé est à gauche, en boubou)

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