Université panafricaine : début timide avec 143 étudiants pour 3 instituts ouverts lors de la 1ère année

YAOUNDE, 26 avril (Xinhua) — Créée par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) pour servir de modèle de qualité et d’excellence académique, l’Université panafricaine (UPA) accueille cette année sa deuxième cuvée d’étudiants boursiers avec plus d’assurance qu’au cours de la première année d’activités clôturée avec moins de 150 étudiants inscrits dans trois pôles de formation.

“Nous avons pris du retard sur l’ensemble de nos projets, normalement de six mois”, a avisé le commissaire de l’UA en charge des ressources humaines, de la science et de la technologie, Martial de Paul Ikounga, lors d’une réunion des partenaires du projet jeudi en marge des travaux de la 6e session de la Conférence des ministres africains de l’Education (COMEDAF VI) tenue à Yaoundé.

Sur les 5 instituts de formation qui la composent, l’UPA, réservée aux études de maîtrise (master II professionnel) et de doctorat, a officiellement démarré ses activités fin 2012 dans trois sites seulement représentant chacun une communauté économique régionale spécifique africaine.

Il s’agit de l’institut pour la gouvernance, les humanités et les sciences sociales localisé au sein des campus des universités d’Etat de Yaoundé II et de Buea au Cameroun pour le compte de l’Afrique centrale. Cet établissement dirigé par le Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebodé dispense pour l’heure deux programmes d’enseignement en master : un pour la gouvernance et l’intégration régionale et l’autre pour la traduction et l’interprétariat.

Selon le rapport d’activités dévoilé lors de la réunion avec les partenaires, 80 inscriptions ont été enregistrées lors de l’inauguration officielle le 12 novembre 2012 au terme d’une sélection des candidatures. Mais, les effectifs exacts se sont établis à 66 étudiants boursiers de l’UA après une dizaine de démissions d’étudiants dues à des retards dans la mise à disposition des bourses, a appris Xinhua.

Ils se répartissent entre 55 inscrits de plusieurs nationalités africaines réduits à 48 après 7 “départs volontaires” pour le programme de master en gouvernance et 23 en master en traduction avec 2 départs et 3 échecs aux examens, selon une source proche du dossier.

100 ETUDIANTS BOURSIERS PAR INSTITUT

En réalité, le projet de création de l’UPA a prévu un effectif de 100 étudiants boursiers par institut et par an pour les 5 premières années et 300 à terme. Les statistiques sont encore plus en-dessous de cet objectif pour l’institut pour les sciences fondamentales, la technologie et l’innovation logé au campus de l’Université d’Etat kenyan Jomo Kenyatta d’agriculture et de technologie à Nairobi.

Pour ses quatre programmes d’enseignement, le pôle régional de l’UA pour l’Afrique de l’Est totalise 57 étudiants boursiers actuellement occupés par leurs travaux de recherche en vue de l’obtention de leurs diplômes de fin de leur cycle de master prévue en novembre prochain, a confié à Xinhua son directeur, le Pr. Gabriel Magoma.

La cuvée s’identifie par 11 étudiants boursiers en master en génie électrique, 16 en master en génie civil, 19 en mathématiques financières et 11 en biologie moléculaire.

“Nous n’avons pas enregistré de démission ou départ volontaire. Le gouvernement kenyan a pris des dispositions pour la disponibilité des bourses en prévision d’un éventuel déblocage tardif des fonds alloués par l’Union africaine”, renseigne le Pr. Magoma.

Contrairement à celui du Cameroun qui s’est lié par un partenariat avec l’Agence suédoise de développement de la coopération internationale, l’institut de Nairobi reçoit un soutien technique indirect de la coopération japonaise, son partenaire thématique, à travers l’appui apporté par celle-ci à l’ensemble de l’Université Jomo Kenyatta pour le renforcement des capacités.

Entré réellement en activité en juin 2013, l’institut pour les sciences de la vie et de la terre y compris la santé et l’agriculture implanté à Ibadan au Nigeria pour la région de l’Afrique de l’Ouest n’a pu de son côté que rassembler le cinquième des effectifs requis.

Les 20 étudiants boursiers admis dans cet établissement qui délivre quatre programmes d’enseignement, se forment, pour 14 d’entre eux en gestion de l’environnement, 3 en sciences de la reproduction et les 3 autres en bâtiments et construction. Le master en géosciences devait aussi recevoir 3 étudiants, mais il a enregistré des démissions, révèle le directeur, le Pr. Mathew Abatin.

Non satisfait par la coopération avec l’Inde, jugée “non proactive”, l’institut d’Ibadan cherche un nouveau partenaire.

Attribué à l’Algérie après le désistement de la Libye post-Kadhafi, l’institut pour les sciences de l’eau et de l’énergie y compris le changement climatique sera le quatrième pôle régional de l’Université panafricaine à ouvrir ses portes entre septembre et octobre à Tlemcen, pour le compte de l’Afrique du Nord.

PROBLEME DES FINANCEMENTS RESOLU

Bénéficiaire d’un financement de 20 millions d’euros octroyé par l’Allemagne pour les bourses des étudiants admis, la réhabilitation des infrastructures, l’équipement scientifique et la coopération interuniversitaire, son partenaire thématique, le nouvel établissement offre pour son ouverture quatre programmes de master, dont deux en énergie et deux en eau.

“Pour chaque master, il y a deux filières : gestion et management, puis ingénierie et gouvernance. Nous avons mis à la disposition de l’université une grande infrastructure qui va être rénovée par l’Allemagne, mais qui est déjà fonctionnelle. Son aménagement sera terminé en 2015”, a souligné à Xinhua Mustapha Djafour, vice-recteur de l’Université Aboubekr Belkaid chargé du dossier.

Il est prévu que l’institut débute avec 20 étudiants boursiers par master. Le comité de sélection se réunira entre fin avril et début mai pour examiner “400 candidatures très déséquilibrées. Certains masters ont 80 candidats, d’autres 10. Le nombre de candidats a été en-dessous des attentes. C’est un beau projet, mais pas facile à monter”, explique M. Djafour.

En attendant la désignation du pays hôte de son cinquième institut consacré aux sciences spatiales pour lequel l’Afrique du Sud est en compétition avec l’île Maurice, pourtant non membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), l’Union africaine affirme avoir résolu le problème des financements grâce à des partenariats efficaces conclus.

En plus de l’Union européenne (UE) qui promeut un projet d’harmonisation des programmes de formation ayant permis de mettre en réseau 60 universités africaines appelé à doubler à la fin de cette année, la Banque africaine de développement (BAD) a récemment octroyé une aide de 45 millions de dollars.

Par ce projet décidé en 2009, l’UA entend doter l’Afrique de compétences nécessaires pour permettre la transformation des immenses ressources naturelles qui se trouvent dans ce continent et freiner la fuite des cerveaux qui prive ses différents pays membres de leurs meilleurs talents, en offrant à ceux-ci des emplois adaptés à leurs qualifications.

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