Sahel : des experts africains se penchent sur la création d’une unité d’intervention et le renforcement de MINUSMA

Sahel : des experts africains se penchent sur la création d’une unité d’intervention et le renforcement de MINUSMA

BAMAKO, 2 septemptre (Xinhua) — La création d’une unité d’intervention pour le Sahel et le renforcement des capacités opérationnelles de la Mission de la paix de l’ONU au Mali (MINUSMA) sont au menu d’une réunion des chefs d’état-major et des ministres de la Défense des pays membres du processus de Nouakchott, qui a démarré ce mercredi à Bamako.

Le processus de Nouakchott, lancé en mars 2013, est un mécanisme de renforcement de la coopération sécuritaire entre les pays du Sahel et la mise en œuvre opérationnelle de l’Architecture africaine de paix et de sécurité dans la région.

L’objectif consiste à articuler l’action africaine dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, de la décentralisation et du développement des pays du Sahel.

Il regroupe onze pays: l’Algérie, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad.

Une soixantaine d’experts de ces pays ont commencé à examiner les questions qui seront soumises jeudi aux chefs d’état-major et vendredi, aux ministres de la Défense.

A l’ouverture de la réunion des experts, El Ghassim Wane, chef du département paix et sécurité de l’Union africaine (UA), a indiqué que la mise en place d’une force d’intervention dans le nord du Mali sur le modèle de la brigade d’intervention de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo doit mériter l’attention des experts au cours de la rencontre de Bamako.

Les pays membres du processus de Nouakchott avaient convenu lors d’une réunion de “renforcer leurs sécurités à travers des modalités beaucoup plus opérationnelles avec un accent particulier sur les patrouilles conjointes et les unités mixtes”.

M. Wane a salué les avancées de la coopération sécuritaire et annoncé la tenue de la 8e réunion des chefs de renseignements des pays membres, prévue au Nigéria, à une date qui n’a pas encore été fixée.

En revanche, a-t- ajouté, la dimension liée à l’architecture africaine de lutte sécuritaire dans la région n’a pas enregistré les mêmes avancées.

“Pourtant, elle est tout aussi importante au vu de l’inadéquation de la couverture géographique des différentes structures qui existent par rapport à la configuration de la région sahélienne”, a-t-il souligné.

“Il est urgent d’avancer sur ces questions d’autant plus que les défis auxquels la région est confrontée demeurent complexes, graves, comme le montrent les attaques terroristes qui ont été perpétrées et qui continuent d’être perpétrées malheureusement au Mali ainsi que la situation sécuritaire d’ensemble assez précaire que connaît la région”, a affirmé M. Wane qui a regretté “l’effondrement des structures étatiques”.

Cet effondrement “a permis à des groupes terroristes d’être dans des sanctuaires en Libye, constituant des menaces non seulement pour la Libye et son peuple, mais également pour les autres pays de la région”, a-t-il relevé.

“Sans neutralisation des groupes terroristes, la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali (signé en juin dernier) risque de se révéler beaucoup plus difficile que prévue”, a-t-il prévenu.

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