Reportage: ambiance de fête à Yaoundé après la qualification du Cameroun pour le Mondial-2014:

YAOUNDE, 7 novembre (Xinhua) — Une ambiance de liesse populaire s’est emparée de Yaoundé, la capitale du Cameroun, après la qualification dimanche soir de la sélection nationale de football pour la prochaine phase finale de la Coupe du monde qui se jouera en 2014 au Brésil, sur une victoire éclatante de 4-1 face à la Tunisie en match retour des barrages de la zone Afrique.

Après le Nigeria et la Côte d’Ivoire, respectivement tombeurs de l’Ethiopie et du Sénégal samedi, les Lions Indomptables, nom de l’équipe camerounaise, sont le troisième pays africain à se qualifier pour ce grand rendez-vous du football mondial où cinq places sont attribués à l’Afrique sur un total de trente-deux é quipes sélectionnées au terme d’une longue phase éliminatoire.

Ce sera la septième participation de cette formation à une Coupe du monde, après 1982 en Espagne, 1990 en Italie où elle avait sensation en inscrivant son nom dans les annales du football comme la première nation africaine à atteindre les quarts de finale, puis 1994 aux Etats-Unis, 1998 en France, 2002 en Corée du Sud-Japon et 2010 en Afrique du Sud.

A l’origine notamment des cinq places africaines à cette comp étition, le Cameroun tenu en échec sur le score de 0-0 au match aller à Radès en octobre, a dominé à domicile à Yaoundé dimanche de bout en bout son adversaire tunisien, grâce tout d’abord au but marqué dès la 3e minute par son attaquant Achille Webo, suivi de celui du milieu de terrain Benjamin Moukandjo à la 29e, et des deux de Jean II Makoun, un autre milieu, à la 65e et à la 85e minute.

Face à cette machine offensive dans un stade Omnisports plein à craquer d’inconditionnels du ballon rond parmi lesquels figuraient de nombreux fans de Samuel Eto’o Fils, le capitaine et meneur de jeu auréolé de quatre titres de Ballon d’or africain, les Fenecs ont dû se contenter d’une seule réalisation, de la part d’Ahmed Akaïchi, rentré en jeu après la mi-temps.

Bien avant le coup d’envoi donné par l’arbitre mauricien Seechurn Rajindraparsad à 15h00 (14h GMT), les supporters camerounais avaient commencé à prendre d’assaut plusieurs heures auparavant le stade Omnisports Ahmadou Ahidjo, du nom du premier président camerounais et prédécesseur de Paul Biya mort en exil à Dakar au Sénégal en 1986 après avoir quitté le pouvoir sept ans plus tôt.

Hommes, femmes, jeunes ou adultes, c’est pratiquement tout le peuple camerounais qui est apparu uni derrière son équipe nationale de football, finalement porté en triomphe pour une victoire attendu avec impatience y compris par les autorités du pays. Aussitôt le match terminé, toute la ville de Yaoundé a commencé à savourer la qualification par une ambiance électrique.

“J’éprouve un sentiment de joie et de fierté, parce que les Lions ont pu nous donner ce qu’on voulait. On n’a pas perdu le temps au stade. J’ai été très gaie par les buts que ‘Sergent’, surnom de Jean II Makoun, a marqués : deux buts », s’est par exemple réjouie à Xinhua la jeune Carmelle Ingrid Magon, élève d’un lycée de Yaoundé qui assistait, le visage aux couleurs du drapeau camerounais, à son premier match des Lions Indomptables.

“J’avais le pressentiment depuis le match aller qu’ils devaient gagner. Moi je remercie Dieu qu’on soit qualifié, on a va aller au Brésil. Je vais mourir seulement en boîte de nuit, jusqu’au petit matin. Même si je meurs aujourd’hui, je suis fier d’être Camerounais”, a pour sa part commenté Silas Katekone Wandala, un inconditionnel de l’équipe nationale.

Conscient de ce que la passion du football est une sorte de religion pour leurs concitoyens, le pouvoir de Yaoundé n’a ménagé aucun effort pour créer la cohésion au sein de la sélection, né cessaire à la qualification recherchée.

D’autant qu’il garde certainement en mémoire le souvenir de cette fameuse rencontre du 4 juin 2011 où les Lions Indomptables avaient été éliminés dans ce même stade face à la modeste équipe du Cap-Vert pour la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) joué en 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale, une élimination qui avait provoqué la colère des supporters et occasionné des é meutes sanglantes.

Pour le capitaine Samuel Eto’o Fils, au désamour a succédé l’union sacrée. “Merci à vous qui étiez dans ce magnifique stade cet après-midi. Merci à vous qui n’avez pas pu assister à ce match (…) On a tous compris cet après-midi que quand il y a une communion entre le peuple et son équipe, il a de bonnes choses qui peuvent se faire », a-t-il déclaré dans un message lors de la conf érence de presse d’après-match.

Le célèbre attaquant qui évolue aujourd’hui dans le club anglais de Chelsea n’a pas manqué pas de reconnaître que la victoire n’a pas été facile. “Même si c’était difficile, on est tous heureux. C’est vrai que le chemin est dessiné, maintenant il faut continuer”.

Volke Finke, le technicien allemand de l’équipe, a décrit sa mission en expliquant qu’elle consistait “à préparer une Coupe du monde”.

Face à une atmosphère d’hystérie autour du grand et des principaux axes routiers y menant, l’équipe a cependant dû s’en aller sous forte escorte sécuritaire, le bus transportant les joueurs ayant été protégé par des véhicules antiémeutes. Les policiers ont même fait usage de gaz lacrymogènes pour libérer la chaussée encombrée par les supporters.

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