Renforcement des effectifs au Mali, craintes de l'ONU pour les civils

■Renforcement des effectifs   Les effectifs de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), fixés à 3 300 hommes par la résolution 2085 du Conseil de sécurité, pourraient doubler, a déclaré mardi Youssoufou Bamba, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire aux Nations unies, lors d’un point du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation au Mali.   “Les capacités des groupes armés occupant le nord du Mali se sont révélées fortes, car ils étaient mieux équipés et entraînés que ce qui avait été anticipé, a relevé le secrétaire général adjoint pour les affaires politiques, Jeffrey Feltman. Il existe un consensus parmi les acteurs principaux réunis à Bamako selon lequel le niveau de la force de la Misma, initialement estimé à 3 300 hommes, doit être revu à la hausse.”   Selon Youssoufou Bamba, dont le pays préside actuellement la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), les pays membres de la Cédéao mais aussi le Tchad, l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Burundi ou la Tanzanie se sont engagés à contribuer en effectifs ou matériel au déploiement de cette force africaine. La France a déjà 2 150 soldats sur le terrain et le nombre de militaires mobilisés pour l’opération “Serval” pourrait atteindre voire dépasser les 3 000 hommes, a déclaré mardi une source proche du dossier. Selon le Guardian, les forces spéciales britanniques seraient aux côtés des militaires français dans le cadre la lutte contre les groupes djihadistes.   La France s’est attaquée directement à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), le plus important des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, en frappant plusieurs cibles, dont “un centre de commandement des terroristes” près de Tombouctou, selon des sources concordantes françaises. Le palais que l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s’était fait construire à Tombouctou, utilisé par les islamistes, a été détruit par ces frappes, selon des habitants et une source de sécurité malienne.   Par ailleurs, Français et Maliens s’attelaient mercredi à déminer et évacuer armes et munitions abandonnées par les islamistes dans les villes récemment reprises aux islamistes.  ■Soutien de l’ONU et de l’UE   Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué mardi l’intervention “courageuse” de la France au Mali mais a souligné les risques pour les humanitaires et le personnel de l’ONU sur place. M. Ban a réitéré ses craintes concernant les conséquences de l’opération pour les civils et les droits de l’homme. “Des organisations terroristes menacent le mode de vie du peuple malien, et même l’existence de l’Etat”, ajoute-t-il.   Lire : Les ONG s’alarment de la situation humanitaire au Mali   Dans une lettre adressée dimanche au Conseil de sécurité, Ban Ki-moon présente trois options pour appuyer la Misma : un soutien logistique bilatéral sans financement de l’ONU ; un soutien logistique total dans toutes les phases de l’opération qui serait financé par les contributions des Etats membres de l’ONU ; un soutien bilatéral aux opérations de combat suivi d’un appui de l’ONU aux phases de déploiement des forces et de stabilisation. Il indique clairement que la deuxième option, celle d’un appui logistique total, ne lui plaît guère.

L’ambassadeur français à l’ONU Gérard Araud a indiqué qu’au cours de consultations à huis clos mardi soir il avait “continué à informer nos partenaires” de l’intervention française. Evoquant les annonces de troupes faites par plusieurs pays africains, il y a vu “une véritable mobilisation de l’Afrique aux côtés de la France”. Il a aussi assuré que les Etats-Unis allaient “contribuer de manière substantielle” au financement de la Misma, sans donner de chiffres. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a indiqué mercredi que Moscou n’avait pas proposé officiellement à la France de l’aider à acheminer des troupes au Mali comme l’avait affirmé son homologue français, Laurent Fabius. La Russie a simplement proposé à la France de prendre contact avec des entreprises privées russes de transport, a-t-il précisé.   L’Union européenne “est très favorable aux actions de la France au Mali” et “veut jouer un rôle actif” pour résoudre la crise, a assuré mardi la représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Catherine Ashton. Dans une conférence de presse à Lima où elle était en visite avant de se rendre au sommet UE-Celac (Communauté d’Etats latino-américains et caribéens) à Santiago, Mme Ashton a indiqué que l’UE “reconnaît l’importance de ce que la France est en train de faire” au Mali. L’Union européenne a proposé lundi d’organiser une réunion internationale sur le Mali le 5 février à Bruxelles, avec l’Union africaine, la Cédéao et l’ONU. L’objectif de cette réunion sera d'”assurer la meilleure coordination possible des soutiens pour résoudre la crise malienne sur les plans politique et sécuritaire”, selon un responsable européen  ■Craintes d’exactions militaires

La France a assuré prendre très au sérieux les risques d’exactions qui pourraient être perpétrées pendant les opérations militaires en cours au Mali, tout en assurant ne disposer d'”aucun indice” confirmant de telles pratiques. Des informations de presse ont fait état de telles exactions visant les communautés touareg et arabes, de la part des forces de sécurité maliennes dans plusieurs régions maliennes.   Lors du sommet ouest-africain sur le Mali à Abidjan, le président malien Dioncounda Traoré avait mis en garde samedi contre d’éventuelles “exactions”. A Bamako, le chef d’état-major de l’armée malienne a promis mardi que “tout soldat qui commettra des exactions contre des population civiles sera immédiatement ramené du terrain et jugé par un tribunal militaire”, mettent en particulier en garde contre des atteintes visant les “peaux blanches”, comme on appelle Arabes et Touareg au Mali. Ceux-ci sont très largement majoritaires au sein des groupes islamistes armés.  ■Fermeture de l’ambassade du Japon à Bamako   Le Japon a décidé, mercredi 23 janvier, la fermeture temporaire de son ambassade à Bamako, en raison de la dégradation des conditions de sécurité, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères. “Le personnel continuera son travail à partir de l’ambassade de France. Le personnel évacuera dès que les préparatifs seront achevés, soit vers le 27 janvier”, ajoute le ministère. Le Japon est encore sous le choc de l’attaque d’islamistes armés contre un site gazier dans le sud algérien, au cours de laquelle au moins sept employés japonais ont été tués, et trois sont toujours portés manquants. Les assaillants entendaient agir en représailles à l’intervention militaire en cours au Mali voisin.

 

Source : Le Monde

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