Un rapport de l'ONU affirme que un quart des jeunes dans les pays pauvres sont incapables de lire une phrase complète

NEW YORK (Nations Unies), 29 janvier (Xinhua) — Environ un quart des jeunes dans les pays pauvres sont incapables de lire une phrase complète, indique un rapport de l’ONU publié mercredi.

“Cette crise de l’éducation a un impact non seulement sur les futures ambitions des enfants, mais également sur les finances actuels des gouvernements”, indique le 11e “Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous”, publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

L’éducation de mauvaise qualité laisse un legs d’analphabétisme plus vaste que ce que l’on pensait auparavant. Dans les pays pauvres, près de 175 millions de jeunes — soit environ un quart d’entre eux — sont incapables de lire une phrase complète ou une partie de phrase.

“Le coût associé aux 250 millions d’enfants dans le monde qui n’apprennent pas les bases se traduit par une perte d’environ 290 millards de dollars”, précise le rapport, ajoutant que dans un tiers des pays, moins de trois quarts des enseignants du primaire en poste sont formés selon des normes nationales. Quelque 57 millions d’enfants n’entrent pas du tout à l’école.

Selon la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, le monde ratera l’objectif de fournir une éducation primaire complète aux enfants, garçons et filles, à travers le monde d’ici 2015, le deuxième des Objectifs du millénaire pour le développement (OMDs) adoptés lors du sommet du Millénaire de l’ONU en 2000.

Sur la base des tendances actuelles, le rapport prévoit qu’il faudra attendre 2072 pour que toutes les jeunes femmes les plus pauvres dans les pays en développement sachent lire et écrire, et peut-être le siècle prochain pour que toutes les filles des familles les plus pauvres en Afrique subsaharienne achèvent le premier cycle de l’enseignement secondaire.

Même dans les pays à revenu élevé, les systèmes éducatifs ne parviennent pas à répondre aux besoins de minorités importantes, indique le rapport. En Nouvelle-Zélande, alors que presque tous les élèves issus de familles aisées ont atteint les standards de base aux niveaux 4 et 8, seuls deux tiers des élèves défavorisés y sont parvenus. Dans les pays riches, les immigrés sont eux aussi laissés pour compte : en France, par exemple, moins de 60% des immigrés ont atteint le niveau minimum en lecture.

Le rapport souligne que pour obtenir une éducation de qualité pour tous, les gouvernements doivent fournir suffisamment d’enseignants formés et axer leurs politiques en la matière sur la réponse aux besoins des individus défavorisés.

“Nous devons recruter 5,2 millions d’enseignants d’ici à 2015, et nous devons redoubler d’efforts pour les aider à garantir aux enfants leur droit à une éducation universelle, gratuite et de qualité”, a déclaré Mme Bokova.

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