Pourquoi les efforts anti-épidémiques de l’Afrique donnent-ils de meilleurs résultats que prévu?

Pourquoi les efforts anti-épidémiques de l’Afrique donnent-ils de meilleurs résultats que prévu?

ANALYSE – Des actions rapides et une coopération entre les pays africains ont contribué à ralentir la propagation du nouveau coronavirus et à éviter une catastrophe de grande ampleur sur le continent, a estimé la semaine dernière le président kenyan Uhuru Kenyatta.

Des propos étayés par les données du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique). Le décompte des cas d’infection sur le continent a dépassé mardi les 252.000, soit 3% du total mondial. Le nombre de morts s’élève à 6.779, soit 1,5% du total mondial. Enfin, la mortalité liée au virus est inférieure à la moyenne mondiale et à celle aux Etats-Unis et en Europe.

UNE VIGILANCE PERMANENTE

Le 13 juin, le CDC Afrique a annoncé que 43 pays africains restaient complètement fermés, alors que l’épidémie se répand toujours. Un couvre-feu nocturne a été mis en place dans 35 pays pour stopper la propagation du fléau.

En Afrique, sept pays ont interdit tout trafic aérien international, deux ont imposé des restrictions sur les voyages depuis et vers des pays spécifiques et deux ont mis en place des restrictions sur les entrées et sorties, selon le CDC Afrique.

Il a ajouté que bien que certains pays africains autorisent toujours le fret et le transport d’urgence depuis et vers leur territoire et que certains pays membres de l’Union africaine (UA) autorisent les citoyens et les résidents à entrer, les frontières sont essentiellement toutes fermées.

Il a également noté que les 54 pays africains avaient imposé des restrictions aux rassemblements publics et 38 ordonné la fermeture d’établissements d’enseignement à l’échelle nationale. Quant aux visites dans les prisons et les hôpitaux, elles ont également été limitées dans 20 d’entre eux.

Alors que se multiplient les efforts contre le COVID-19, 18 pays africains ont également lancé un dépistage et des tests de masse, tandis que 41 ont rendu obligatoire l’utilisation du masque par les habitants, a indiqué l’agence.

UNE POPULATION PLUS JEUNE

Selon une étude publiée en mai par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plusieurs éléments ont été observés en Afrique : un taux de transmission plus lent, un âge plus bas chez les personnes atteintes de maladies graves et des taux de mortalité plus faibles. C’est là une spécificité par rapport aux pays les plus touchés situés ailleurs dans le monde.

L’étude indique que cela est “largement dû à des facteurs sociaux et environnementaux qui ralentissent la transmission et à une population plus jeune qui a bénéficié du contrôle des maladies transmissibles telles que le VIH et la tuberculose pour réduire leur vulnérabilité éventuelle”.

Cependant, elle note que ce taux de transmission inférieur suggère une épidémie qui pourrait se prolonger sur plusieurs années, jugeant que les petits pays frontaliers de l’Algérie, de l’Afrique du Sud et du Cameroun couraient un risque élevé si les mesures de confinement ne constituaient pas une priorité gouvernementale.

Dans un article publié par le quotidien Le Monde en France, il est mentionné que l’immunité des personnes a été sollicitée sur un continent africain qui connaît de nombreuses maladies à caractère épidémique.

L’article suggère que la mobilité internationale relativement restreinte des Africains a retardé le rythme de “l’atterrissage” du virus et de sa propagation sur le continent.

En outre, le nombre de tests de dépistage effectués en Afrique est inférieur à celui en Europe et en Amérique. Ces tests sont principalement réservés aux cas graves, ce qui est également une explication du nombre plus petit de cas confirmés.

UN PLUS GRAND SOUTIEN NECESSAIRE

Bien que l’Afrique ait obtenu des résultats positifs dans sa lutte contre les épidémies, il est toujours largement reconnu que la communauté internationale devrait coopérer afin de soutenir le continent. L’Afrique est plus vulnérable à la pandémie qui fait rage, avec ses marchés et ses logements densément peuplés, son accès limité à l’eau potable et le fonctionnement de ses infrastructures sanitaires.

Lors du sommet extraordinaire des dirigeants du G20 en mars, les principales économies sont parvenues à un consensus selon lequel le renforcement du système sanitaire africain serait la clé de la résilience de la santé mondiale. S’exprimant à cette occasion, le président chinois Xi Jinping a notamment appelé les membres du G20 à aider les pays en développement, dont les systèmes de santé publique sont faibles, à améliorer la prévention et la réaction sanitaire.

Et la Chine, avec de nombreux autres pays, prend des mesures concrètes pour concrétiser ce consensus.

Jusqu’à présent, elle a envoyé à plus de 50 pays africains et à l’UA des fournitures indispensables, dépêché des experts médicaux et partagé son expérience anti-épidémique au cours de visioconférences. L’UA a indiqué le 13 juin que la Chine avait livré 30 millions de tests de dépistage, 10.000 respirateurs et 80 millions de masques chaque mois à l’Afrique, saluant une “contribution importante”.

Fin avril, l’OMS a lancé une initiative visant à intensifier les actions conjointes afin d’accélérer le développement d’outils technologiques pour le traitement du COVID-19, exhortant le monde à garantir un accès égal aux traitements sans distinction de race, de sexe ou de revenu.

Pour éviter de porter un coup dur à la bataille mondiale contre cet agent pathogène, on estime que la communauté internationale doit agir plus rapidement pour soutenir l’Afrique et l’empêcher de devenir le prochain “épicentre” de la pandémie.

“L’importance de promouvoir des mesures de confinement efficaces devient cruciale, car une transmission soutenue et généralisée du virus pourrait sérieusement submerger nos systèmes de santé”, a averti Rebecca Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, citée par l’étude menée par l’organisation en mai.

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