L'UA appelle l'Afrique à approfondir l'intégration économique pour éradiquer la pauvreté

ADDIS ABEBA, 27 janvier (Xinhua) — La présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a appelé lundi l’Afrique à approfondir l’intégration économique afin d’éradiquer la faim et la pauvreté sur le continent.

Mme Dlamini-Zuma a lancé cet appel à l’ouverture de la 24ème session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine. ” Nous sommes aujourd’hui plus que jamais convaincus que nous ne parviendrons pas à éradiquer la pauvreté, la maladie, les conflits et la faim et à assurer une vie meilleure pour les peuples de notre continent sans une plus grande intégration de nos économies”, a déclaré la présidente de la Commission de l’UA. Elle a indiqué que l’enrichissement des minerais, l’industrialisation accrue et la production agricole sont également essentiels pour accélérer le développement sur le continent. Alors que la prochaine 22ème session ordinaire de l’Assemblée de l’UA a pour thème central “l’agriculture et la sécurité alimentaire”, Mme Dhlamini-Zuma a déclaré que l’agriculture et l’agro-industrie sont essentielles pour assurer une croissance durable et partagée de 7 % et plus en Afrique. En 2014, le continent, se concentrera davantage sur l’augmentation des investissements et de la productivité agricole ; l’accroissement des chaînes de l’agro-industrie et des valeurs, l’expansion des infrastructures ; les compétences ; et la recherche pour l’agriculture afin de remplir les objectifs du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine ( PDDAA), a annoncé la présidente de la Commission de l’UA.

L’agriculture constitue une part importante du produit intérieur brut de l’Afrique. Mme Dlamini-Zuma a déclaré par ailleurs que l’Afrique doit prendre des mesures concrètes pour avoir une plus grande influence sur la tarification de ses produits agricoles. “Nous allons prendre notamment des mesures spéciales pour garantir que les femmes, qui constituent la majeure partie de la force de travail agricole et des producteurs d’aliments, aient accès à la formation et au capital et qu’elles bénéficient d’un soutien pour former des coopératives”, a-t-elle ajouté. Le président du Conseil exécutif, Tedros Adhanom Ghebreyesus, également ministre éthiopien des Affaires étrangères, a déclaré lors de la réunion que l’Afrique a besoin de maintenir sa trajectoire de forte croissance économique au cours des prochaines décennies afin de sortir plusieurs millions de ses habitants de la pauvreté. “C’est pourquoi nous devons mettre en place une transformation structurelle en favorisant la diversification économique et l’industrialisation pour garantir une croissance partagée et la création d’emplois pour les chômeurs”, a-t-il dit.

Lors d’un discours prononcé à la réunion, le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Carlos Lopes, a déploré le fait que, malgré ses immenses ressources naturelles, l’Afrique demeure la région du monde où la sécurité alimentaire est la plus précaire. Environ 226 millions de personnes, soit un habitant sur cinq en Afrique, font face à une insécurité alimentaire chronique, a-t- il rappelé. Il a également déploré l’insuffisance du financement octroyé à l’Afrique pour l’agriculture, affirmant que le continent devra utiliser ce secteur comme un outil de transformation socio-économique. Il a en outre souligné que, bien que plus de 15 milliards de dollars aient été dépensés dans l’agriculture en Afrique au cours des deux dernières décennies, le continent demeure aux prises avec le problème de la malnutrition. L’Afrique, a-t-il dit, a besoin d’entreprendre une révolution agricole impliquant des améliorations systématiques dans la production, la transformation, le stockage et l’utilisation des produits agricoles pour sortir la population de la pauvreté, notant que les pays qui ont réussi à réduire la pauvreté sont passés par ce processus de révolution agricole, citant le Brésil, la Chine et l’Inde comme exemples. La sécurité alimentaire doit être abordée d’un point de vue économique et non pas comme un programme de réduction de la pauvreté, a-t-il déclaré.

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