Le Gabon plongé dans une crise grave suite à une élection présidentielle contestée

Le Gabon plongé dans une crise grave suite à une élection présidentielle contestée

LIBREVILLE, 1er septembre (Xinhua) — Le Gabon, pays d’Afrique centrale riche en pétrole mais à la population pauvre, est entré depuis mercredi soir dans une véritable crise suite à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle de samedi dernier. Celle-ci a vu la réélection du président sortant Ali Bongo Ondimba aux dépens de son principal rival, Jean Ping, qui s’est pourtant autoproclamé vainqueur, plongeant la capitale Libreville dans les violences.

De violents affrontements ont en effet éclaté à Libreville entre les forces de l’ordre et les partisans de Jean Ping qui sont descendus par milliers dans les rues juste après que le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, eut proclamé les résultats officiels provisoires du scrutin du 27 août, selon lesquels le fils d’Omar Bongo a été réélu avec 49,80% des suffrages contre 48,23% à l’ancien président de la Commission de l’Union africaine.

Devant le siège de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP), les manifestants ont été repoussés par les forces de l’ordre à coup de grenades lacrymogènes et assourdissantes. De nombreux incendies se sont déclarés dans la capitale, dont un au palais Léon, le siège de l’Assemblée nationale, alors que la ville était obscurcie par d’épaisses fumées noires, selon des témoignages recueillis par Xinhua.

Malgré les grenades lacrymogènes, des centaines de personnes ont tenté de converger sur la voie express, l’un des principaux axes de la capitale, parfois en brûlant des pneus, tandis que la circulation sur cette voie était bloquée par les forces de l’ordre avec des canons à eau et des blindés légers, a rapporté l’AFP.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le QG de Jean Ping a été pris d’assaut par les forces de sécurité, selon le candidat malheureux qui a évoqué deux morts et plusieurs blessés dans l’assaut. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a affirmé que l’assaut visait des “criminels” qui avaient incendié l’Assemblée nationale dans l’après-midi et s’étaient repliés au QG de M. Ping “en même temps que des centaines de pilleurs et de casseurs”.

Selon un autre média occidental, les représentants de l’opposition au sein de la CENAP ont refusé de signer le procès-verbal de la séance plénière de cette institution. Paul-Marie Gondjout, représentant de Jean Ping au sein de la CENAP, a laissé éclater sa colère : “On nous vole le changement”.

Dans la province du Haut-Ogoué, berceau de la famille Bongo qui dirige le pays depuis 1967, les résultats officiels donnent un taux de participation de 99,93% et 95% des voix au président sortant, ce qui aurait fait basculer le scrutin très serré en sa faveur avec un écart de moins de 6.000 voix, vivement contesté par l’opposition.

La France a demandé mercredi la publication des résultats de tous les bureaux de vote après l’annonce de la réélection du président Bongo fils. “Les conditions de l’annonce des résultats de l’élection présidentielle au Gabon sont une source de préoccupation. La France réitère son souci de transparence. Nous estimons nécessaire que les résultats de tous les bureaux de vote soient publiés”, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, dans un communiqué.

Un peu plus tôt, la patronne de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, avait elle aussi appelé à “publier les résultats par bureau de vote” et non au niveau national.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré mercredi avoir pris note des résultats de l’élection présidentielle annoncés le même jour par le ministère gabonais de l’Intérieur, disant exprimer “sa profonde préoccupation” face aux violences à Libreville. Dans un communiqué, il a exhorté “tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s’abstenir de tout autre acte susceptible de porter atteinte à la paix et à la stabilité du pays”.

M. Ban a également appelé les autorités à s’assurer que les forces de sécurité exercent la plus grande retenue face aux manifestants et réitéré “son appel à tous les dirigeants politiques à résoudre pacifiquement leurs différends et à régler tout grief qui pourrait survenir à travers les moyens juridiques et constitutionnels existants”.

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