L’Afrique face au nouvel ordre mondial émergent

L’Afrique face au nouvel ordre mondial émergent

La 8e retraite annuelle de haut niveau de l’Union africaine (UA) sur la promotion de la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique s’est achevée mercredi soir à N’Djamena, la capitale tchadienne, sur une déclaration forte qui a insisté sur la nécessité de maintenir le multilatéralisme dans l’ordre mondial émergent.

Cette retraite a réuni d’anciens chefs d’Etat, de hauts représentants de la Commission de l’UA et ses envoyés et représentants spéciaux, médiateurs et membres du Groupe des sages et du Réseau panafricain des sages.

Etaient également présents des représentants des communautés économiques et mécanismes régionaux, des envoyés spéciaux du secrétaire général de l’ONU, de hauts représentants des institutions onusiennes, de la Ligue arabe, de l’Organisation internationale de la francophonie, de l’Union européenne, des partenaires bilatéraux, des organisations de la société civile, des groupes de réflexion et des universitaires.

C’est “un aréopage de plus de 130 sommités diplomatiques, politiques et académiques”, s’est félicité Smaïl Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA.

Tenues dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et du processus de réformes de l’UA en cours, ces assises ont constitué une étape supplémentaire pour concrétiser la lettre et l’esprit de la déclaration solennelle du 50e anniversaire de l’OUA/UA, adoptée par l’UA à Addis-Abeba (Ethiopie) le 25 mai 2013. Dans celle-ci, les dirigeants africains s’engagent à ne pas léguer à la prochaine génération le fardeau de conflits et de mettre fin à toutes les guerres sur le continent d’ici 2020.

Au cours de la retraite de deux jours, les discussions ont porté sur un large éventail de questions autour du thème principal : “l’ordre mondial émergent, le multilatéralisme et l’Afrique”. Un accent particulier a été mis sur la politique mondiale et les questions de gouvernance, y compris les défis émergents au multilatéralisme, l’état de paix et de sécurité internationales et les questions de gouvernance économique et environnementale.

“Les participants se sont déclarés profondément préoccupés par l’évolution de l’incertitude concernant l’avenir de l’ordre international multilatéral et son impact négatif sur l’état de la paix et de la sécurité internationales”, indique la déclaration finale.

Ils ont également exprimé leur préoccupation face au nouveau type d’action unilatérale qui sape les fondements mêmes du multilatéralisme, qui se déroule malheureusement dans le cadre des conflits et des mesures à la paix et à la sécurité internationales, notamment le terrorisme et l’extrémisme violent, le trafic et l’utilisation d’armes illicites, le trafic de drogue et d’êtres humains, la migration irrégulière et les conséquences du changement climatique.

Aussi ont-ils appelé à “prendre des mesures énergétiques contre le fléau des flux financiers illicites, car c’est l’un des facteurs qui contribuent à la persistance des conflits violents sur le continent”.

Pour la 8e retraite de l’UA, seul un multilatéralisme fondé sur des règles demeure le principal mécanisme pour renforcer la coopération afin de cerner les problèmes mondiaux de paix et de sécurité et les défis économiques et environnementaux. “Tout en affirmant la nécessité de démocratiser davantage le système des Nations Unies, (elle a) réaffirmé la primauté de l’ONU en tant que forum mondial pour un multilatéralisme légitime, efficace et inclusif afin de relever les multiples défis auxquels la communauté internationale est confrontée”.

La réunion de N’Djamena a souligné l’importance de restaurer le rôle clé de l’Assemblée générale des Nations Unies en tant qu’organe délibératif, politique et représentatif principal de l’ONU, ainsi que “l’urgence de conclure la réforme du Conseil de sécurité pour corriger l’injustice historique faite à l’Afrique et de le rendre démocratique, transparent et vraiment représentatif”. Pour elle, “la réforme du Conseil de sécurité au XXIe siècle serait un triomphe du multilatéralisme”.

La déclaration de N’Djamena met aussi l’accent sur la nécessité d’utiliser pleinement les membres africains du Conseil de sécurité de l’ONU pour pousser en avant les positions communes africaines sur la paix et la sécurité et intensifier leur engagement à jouer un rôle dans l’architecture des résolutions du Conseil de sécurité sur les questions africaines. L’Afrique doit “parler d’une seule voix pour renforcer son efficacité et sa responsabilité de leadership continental”.

Pour les participants de la 8e retraite, il est nécessaire de renforcer la pleine participation des organisations de la société civile, y compris les femmes et les jeunes, aux efforts visant à promouvoir la paix et la sécurité, ainsi que le développement socio-économique de l’ Afrique. Tout en reconnaissant le potentiel de l’Afrique de continuer à promouvoir le multilatéralisme, ils ont reconnu la nécessité pour le continent et son peuple de promouvoir le type d’entrepreneuriat qui utiliserait les capacités économiques et technologiques nécessaires pour faire de l’Afrique un acteur crédible et indispensable des affaires mondiales.

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