Economie : le FMI reconnaît les pays émergents comme une opportunité pour la croissance africaine

YAOUNDE, 11 mai (Xinhua) — Confortée par des perspectives de croissance économique à court terme favorables, l’Afrique subsaharienne confirme son classement comme l’une des régions les plus dynamiques du monde actuellement, selon la directrice du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), Antoinette Sayeh, en visite au Cameroun.

Pour la consolidation de cette croissance, les pays émergents, dont la Chine, représentent une opportunité, a reconnu la Sierra- Léonaise dans un entretien à Xinhua après la présentation samedi à Yaoundé, pour la première fois en Afrique francophone, du premier rapport annuel du FMI pour 2013 sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne.

Question : Madame la directrice du département Afrique du Fonds monétaire international, dans le premier rapport annuel de 2013 sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne que vous venez de présenter ici à Yaoundé, vous faites état de perspectives à court terme favorables. Traduisent- elles une tendance à une croissance inclusive ?

Réponse : La croissance est là, les pays d’Afrique subsaharienne ont connu une croissance assez élevée au cours des dernières années, même après la crise économique et financière de 2008 et 2009. La plupart des pays africains ont continué d’avoir une croissance assez importante. Maintenant, il y a des questions, à savoir comment cette croissance est partagée au sein des différents pays. Il y a bien sûr la nécessité de faire mieux en ce qui concerne la croissance inclusive. Il s’agit de discussions qu’on a avec nos pays membres : comment faire en sorte que la croissance crée plus d’emplois ? Comment faire en sorte que la croissance renforce les progrès observés dans certains pays en ce qui concerne les indicateurs sociaux ? C’est un travail en progrès dans quelques pays pour faire en sorte que la croissance fasse mieux en ce concerne la réduction de la pauvreté. Il s’agit là des défis auxquels les dirigeants africains sont bien conscients.

Q : Est-ce que le nombre de pays qui tirent la croissance sur ce continent a augmenté ? On connaissait le Rwanda, l’Ethiopie, le Ghana, etc.

R : Tout à fait. Nous avons vu la croissance pas seulement dans ces pays, mais la plupart de des pays à faible revenu par exemple en Afrique subsaharienne actuellement font mieux que les pays à revenu intermédiaire. La situation plus difficile se trouve dans les pays tels que l’Afrique du Sud qui, à cause du fait des relations beaucoup plus étroites avec l’Europe, ont eu des niveaux de croissance moins élevés. L’Afrique du Sud a eu 2,5% l’année dernière et pas beaucoup mieux cette année, malheureusement, à cause de l’impact de la situation de l’Europe sur ce pays. La plupart des pays africains ont eu des progrès en matière de stabilité macroéconomique qui ont ouvert l’espace à une croissance plus élevée.

Q : Avec la persistance de la crise de la zone euro, les pays émergents comme la Chine représentent-ils une opportunité pour le développement des économies africaines aujourd’hui ?

R : Ils sont tout à fait une très grande opportunité pour l’Afrique. Avec la Chine, le commerce de l’Afrique a enregistré une évolution remarquable au cours des dernières années. La Chine s’impose comme le plus important de ces pays s’agissant des exportations africaines. Bien sûr, il y a aussi le Brésil, l’Inde, les BRICS comme on les appelle. Ce sont des marchés qui peuvent donner l’opportunité à l’Afrique de continuer à avoir un taux de croissance assez élevé. Après avoir dit ça, c’est très important aussi pour les pays africains d’avoir une situation améliorée en Europe. Au FMI, nous essayons de donner des conseils aussi à nos pays membres européens afin d’améliorer la croissance en Europe.

Q : Parlant des BRICS, ces pays viennent de décider de créer une banque commune qui entend oeuvrer pour le financement des infrastructures en Afrique. Est-ce un atout supplémentaire pour le continent ?

R : Je dirais oui, parce qu’il y a beaucoup d’espaces pour plus de financements pour les besoins de développement en Afrique. Je viens de quitter l’Afrique du Sud ; on était à cette conférence sur la situation en Afrique globalement, le World Economic Forum sur l’Afrique. On a parlé de cette question de la banque des BRICS. Nous sommes tout à fait heureux de voir cette possibilité, mais il y a des détails qui ne sont pas mis en place en ce qui concerne cette banque. Bien sûr, l’Afrique peut profiter de plus de financements pour le développement.

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