Un conseiller de l'ONU s'inquiète d'un risque de représailles contre les civils touaregs et arabes dans le nord du Mali

NEW YORK (Nations Unies), 1er février (Xinhua) — Un haut responsable de l’ONU s’est alarmé vendredi d’un risque de représailles contre les civils touaregs et arabes dans le nord du Mali, et a exhorté l’armée malienne à protéger tous les citoyens quelle que soit leur appartenance ethnique.

“Si la libération de villes auparavant sous le contrôle des groupes rebelles et extrémistes a suscité l’espoir chez les populations, je suis tout de même profondément préoccupé par le risque de représailles à l’encontre des civils de souche touareg et arabe”, a déclaré Adama Dieng, le conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU pour la prévention du génocide.

M. Dieng, à ce poste depuis juin 2012, s’est déclaré préoccupé par les allégations de graves violations des droits de l’homme commises par l’armée malienne, notamment par les allégations d’exécutions sommaires et de disparitions, à Sévaré, Mopti, Niono et dans d’autres villes proches des zones de combat.

“Il y aurait eu des lynchages et des pillages de biens appartenant aux communautés arabes et touaregs, accusées d’aider des groupes armés du simple fait de leur appartenance ethnique”, s’est alarmé M. Dieng.

En janvier 2012, des affrontements ont éclaté entre les forces gouvernementales et les rebelles touaregs dans le nord du Mali, et par la suite, profitant de cette situation conflictuelle, des groupes islamistes radicaux ont progressivement pris le contrôle de la région.

Le 11 janvier dernier, les forces françaises ont lancé une opération militaire à l’appui de l’armée malienne pour l’aider à reconquérir la région, provoquant une vague de déplacements parmi les populations civiles.

“Je suis profondément troublé par des informations faisant état de violences commises par l’armée et selon lesquelles elle recruterait et armerait des milices pour planifier des attaques contre des groupes ethniques et nationaux spécifiques dans le nord du Mali”, a déclaré M. Dieng.

“Je demande à l’armée malienne de s’acquitter de la responsabilité qui lui incombe de protéger l’ensemble des populations, indépendamment de leur race ou de leur groupe ethnique”, a-t-il ajouté.

En janvier, la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a décidé d’ouvrir des enquêtes sur les allégations de crimes qui auraient été commis depuis janvier 2012 au Mali, dont des meurtres, viols et actes de torture, en portant tout particulièrement l’attention sur le nord du pays.

M. Dieng a salué cette décision et exhorté toutes les parties dans le pays à respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme.

De son côté, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a attiré l’attention sur le fait que si certains déplacés sont impatients de rentrer chez eux, des rapports faisant état d’attaques et d’actes de vengeance commis contre certains groupes dissuadent d’autres personnes de rentrer.

A Bamako, la capitale du Mali, des familles déplacées originaires de Gao, Tombouctou et Kidal se disent prêtes à prendre le chemin du retour dès que les routes vers le nord seront rouvertes, a indiqué le porte-parole du HCR Adrian Edwards, lors d’un point de presse à Genève.

Mais d’un autre côté, des pénuries de vivres, d’essence et d’électricité, ainsi que les perturbations des services de base, sont invoqués comme raisons de ne pas retourner dans le nord du Mali, a-t-il ajouté.

Le HCR a également rapporté que des réfugiés maliens continuaient d’affluer vers les pays voisins pour fuir les combats ou par crainte de représailles.

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