Afrique subsaharienne : 70% des terres cultivables sont inexploités

ABIDJAN, 9 septembre (Xinhua) — En Afrique subsaharienne, 70% des terres cultivables sont inexploités et la taille moyenne des parcelles continue de diminuer, selon un rapport de l’Association pour une révolution verte en Afrique (Agra).

Le rapport dont un résumé détaillé a été transmis lundi à Xinhua fait l’état des lieux de l’agriculture dans 16 pays avec en point de mire les cultures vivrières.

Le document intitulé “Africa Agriculture Status Report : Focus on Staple” est une compilation de données gouvernementales, de résultats d’enquêtes de terrain mais également d’indicateurs fournis par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds international pour le développement de l’agriculture.

Pour les 16 pays étudiés, le rapport relève les faiblesses des politiques agricoles au regard du potentiel du secteur agricole et met en évidence les domaines critiques nécessitant des interventions et des investissements.

L’Agra déplore que 70 % des terres cultivables restent inexploitées avec une taille moyenne des parcelles en Afrique subsaharienne qui ne cesse de diminuer.

Elle précise que la plupart des pays ont une taille moyenne des exploitations inférieure à trois hectares.

Le rapport souligne, en outre, que la baisse de la fertilité des sols en Afrique qui menace les rendements et le développement agricoles est un facteur d’insécurité alimentaire.

En termes de personnel affecté à la recherche agricole, l’Afrique affiche la capacité la plus faible à l’échelle mondiale avec à peine 70 chercheurs par million d’habitants, à la différence des Etats-Unis et du Japon qui en comptent respectivement 2.640 et 4.380, révèle le rapport qui dénonce l’insuffisance d’investissement dans la recherche et le développement.

Par ailleurs, note le texte, les lois et réglementations nationales et régionales obsolètes entravent le développement des marchés semenciers en Afrique.

“Les importations alimentaires bon marché et subventionnées affaiblissent progressivement les marchés agricoles africains, ce qui est exacerbé par les difficultés d’accès au crédit, les restrictions commerciales et les coûts de transport élevés”, ajoute le document.

Bien que l’agriculture représente jusqu’à 40% du PIB dans certains pays africains, seulement 0,25% des prêts bancaires sont orientés vers les petits exploitants agricoles.

Autre problème pointé du doigt, l’utilisation insuffisante des engrais par les agriculteurs.

La consommation d’engrais minéraux en Afrique s’élève actuellement autour de 10 kilogrammes par hectare contre plus de 125 au Brésil et plus de 150 en Asie.

Selon le rapport, le développement du marché des engrais africain est contraint par des règles du jeu mal définies, la faiblesse de la réglementation, une prolifération de taxes et autres redevances, les procédures de passation de marchés et la lourdeur bureaucratique.

L’étude cite également un manque de sécurité pour les investisseurs ainsi que l’incidence généralisée de la corruption.

Le rapport de l’Agra fait le point de l’agriculture 10 ans après la “déclaration de Maputo” dans laquelle les Etats africains s’étaient engagés en juillet 2003 à consacrer 10% de leurs budgets au secteur agricole.

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