mardi 7 décembre 2021

Mbernodji Sosthène, la figure de proue de la littérature tchadienne

Mbernodji Sosthène a remporté, en octobre dernier, le Prix du meilleur promoteur du livre africain de l’année au Meeting international du livre et arts associés (MILA) d’Abidjan en Côte d’ivoire. Cette distinction couronne son combat pour la promotion de la littérature tchadienne et africaine. Et fait de lui, sans nul doute, le porte-flambeau de ce domaine qui ne bénéficie pas d’un accompagnement conséquent de l’État. Portrait.

« Les autorités tchadiennes doivent avoir honte », se prononçait sans ambages Mbernodji Sosthène, à l’occasion de la conférence de presse de présentation des prix reçus au Meeting international du livre et des arts associés (MILA) d’Abidjan, qui s’est déroulé du 27 au 29 octobre dernier. Celui qui avait conduit la délégation tchadienne avait remporté le Prix du meilleur promoteur africain du livre de l’année pour sa contribution dans le «  rayonnement du livre africain ».

Le directeur de l’agence littéraire “Le souffle” et du Festival international « Le souffle de l’harmattan » est ainsi sorti tête haute parmi six autres grosses pointures africaines. Il a dédié ce prix au peuple tchadien qui « aspire à la paix et à l’unité ».

Lire aussi: Littérature : le Tchad honoré au MILA d’Abidjan

L’écrivain tchadien déversait alors son venin contre les autorités tchadiennes parce qu’elles n’avaient d’aucune manière soutenu la délégation tchadienne, pourtant invitée d’honneur à cette messe culturelle. Elle était obligée de prendre des engagements auprès d’une agence de voyage de la place pour que cette aventure puisse avoir lieu. « Nous ne pouvons pas être absents », synthétisait ce jour Dr Attié Djouid, le second lauréat tchadien au MILA,  la colère de cette délégation, qui s’est retrouvée avec une équipe de 4 personnes à Abidjan, les deux autres s’étaient désistés à cause de ces difficultés.

Pour Mbernodji Sosthène, surmonter les difficultés est une force de caractère qu’il a cultivée en lui depuis son tendre enfance. « A 2 ans, j’ai été victime de la polio. J’ai été paralysé au pied droit. Il a fallu des séances de rééducation pour marcher avec une béquille et puis boiter. Mais, cela m’a galvanisé davantage à être beaucoup plus résilient, persévérant, un homme avec beaucoup de conviction », s’auto-apprécie l’ancien président de l’Association des écrivains tchadiens qui aspirait, après l’obtention de son baccalauréat littéraire en 2002,  aux métiers libéraux.  A défaut de s’inscrire au département de droit de l’université de N’Djamena, c’est au département des lettres modernes que le natif de Bebalem ( sud du pays), sera orienté la même année.

« Après l’obtention de ma licence en 2005, j’ai été retenu pour la maitrise. Mais, un des étudiants qui avait une proximité avec le chef de département était allé le voir pour prendre ma place. Or, la liste était déjà affichée. Cela m’a révolté, j’avais publiquement dénoncé cela », déclare ce fils de pasteur.

En quittant en « catastrophe » l’université, le trentenaire enchaine vacations et collaborations dans les lycées et institutions de N’Djamena et en province avant d’être intégré à la Fonction publique en 2010.  Une année plus tôt, il initie l’émission « Café littéraire » à la radio FM Liberté. Puis fonde le Festival international « Souffle de l’harmattan » en 2014. « . « L’harmattan dont il est question c’est quoi, dans la symbolique de Baba Moustapha, c’est le vent. Au-delà du vent, l’harmattan, c’est la guerre, tout ce qui a fait changer les Tchadiens : la haine, la rancœur, le repli identitaire », relate l’ancien journaliste-reporter du défunt journal Notre temps. L’auteur de deux ouvrages à savoir : Le jardinier du Logone ( roman) et Le revenant de Nokou ( recueil de nouvelles), ambitionne faire du Tchad une destination culturelle de référence en Afrique, et même dans le monde, où les peuples se sentiront unis car débarrassés des « boulets ethniques ».

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