Terrorisme : 1 232 ex Boko-haram sont enregistrés dans la région du Lac

Terrorisme : 1 232 ex Boko-haram sont enregistrés dans la région du Lac

Des vagues de reddition de faible ampleur continuent dans les zones frontalières d’après un rapport du bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA). Selon les autorités de la région du Lac, au 30 mai 2017, 1 232 personnes en situation de reddition étaient enregistrées. La dernière vague date du 27 mai, lorsque 19 personnes, dont 10 enfants (3 filles et 7 garçons), en provenance du Nigeria se seraient présentées aux militaires à Kaiga Kindjiria.

Aucun site n’existe actuellement afin de les rassembler et le transfert de ces personnes vers leurs zones d’origine se passe sans accès systématique par les humanitaires. Ces personnes ont besoin d’une attention particulière dans certains secteurs (appui psychosocial, santé, etc.). Le partage d’informations entre les acteurs militaires et les acteurs humanitaires reste faible, tant sur le nombre de personnes que sur leur suivi et les conditions de réintégration.

Les différentes missions d’évaluations réalisées en janvier et février 2017 par les organisations humanitaires afin d’analyser les conditions de retour des personnes en situation de reddition dans leurs zones d’origine ont pourtant souligné que certains cas requièrent une assistance spécifique. Par ailleurs, le faible accompagnement du processus de réintégration dans les communautés d’origine rend difficiles le retour et la subsistance des personnes en situation de reddition.

Le manque d’opportunités et de moyens d’existence pourrait les pousser à l’adoption de stratégies de survie négatives, à des pratiques illégales, voire au retour vers le groupe armé. Certaines sources mentionnent ainsi des mouvements de personnes en situation de reddition vers le Niger ou le Nigeria. Cette situation illustre l’importance de la définition d’un processus officiel d’accueil, de détermination du statut et de suivi de ces personnes potentiellement vulnérables, mais qui peuvent également représenter des risques de protection pour les communautés. C’est une demande continue de la communauté humanitaire depuis le deuxième semestre 2016.

Enfin, depuis mi-février, environ 225 ménages qui se disent eux-mêmes des personnes en situation de reddition ont été identifiés sur un site de déplacés par une évaluation réalisée par les organisations humanitaires. La vérification faite par les autorités administratives confirme que certaines de ces personnes sont passées par le site de rassemblement du Gouvernement où étaient auparavant rassemblées les personnes en situation de reddition.

La raison principale de leur présence sur ce site de déplacés est la crainte de représailles par un groupe armé dans leurs villages d’origine dans les zones insulaires, où les mesures sécuritaires pour garantir la protection des populations sont jugées insuffisantes à cause de l’absence ou la faible présence des forces de défenses et de sécurité. Ces personnes se retrouvent donc mélangées à d’autres déplacés et vivent dans des conditions similaires de précarité. Aucun mécanisme de protection ou de sécurité n’existe actuellement dans les sites de déplacés, qui restent donc exposés à un risque de protection.

 

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