Tchad : un réseau d’exportateurs de viande d’ânes démantelé

Les autorités du département de Chari, dans la région du Chari Baguirmi, ont intercepté à Etena, à une trentaine de kilomètres de N’Djaména, deux conteneurs chargés d’ânes, environ 280 têtes. Ces ânes proviennent d’Abéché, chef-lieu de la région du Ouaddaï et la destination est Moundou, chef-lieu de la région du Logone Occidental d’après les témoignages, de présumés trafiquants. Trois tchadiens et deux chinois sont interpelés et se trouvent à la Police Judiciaire pour le besoin de l’instruction.

Ils se rapportent que, la distance étant longue, les trafiquants ont pris un répit dans un jardin qui appartiendrait à l’un des parents des protagonistes derrière le village. Après l’ouverture des conteneurs, ils ont constaté que beaucoup des ânes étaient en agonie. C’est ainsi qu’ils font appel aux gardiens des jardins environnants pour dépouiller les ânes mourants. Pour chaque âne dépouillé, l’on donne 3 000 FCFA. Plus de 40 ânes sont dépouillés et les peaux sont conservées.

L’odeur nauséabonde des bêtes rend une partie du village infréquentable. Les trafiquants expliquent qu’ils transportent ces ânes à Moundou. D’après le responsable de ce groupe des personnes, c’est le premier essai. Car son entreprise qui a pour principale mission l’exportation des viandes est légalement constituée. Il dit ignorer que l’exportation des viandes d’ânes est interdite.

Le ministre de la Sécurité Publique Ahmat Mahamat Bachir et son collègue de l’Administration du Territoire Bachar Ali Souleymane, qui ont fait le déplacement d’Etena ont instruit les autorités locales de faire tout pour incinérer ces bêtes immédiatement conformément aux normes environnementales. Le ministre de la Sécurité publique annonce qu’une enquête est ouverte pour comprendre l’intention exacte de ces présumés malfrats et leurs complices.

« C’est un constat très amer. Etena est devenu un cimetière de cadavres d’ânes. Il y a un réseau derrière ce trafic. Qu’est-ce qui prouve que ces ânes sont en train d’être exportés ? Ici au Tchad ni les chrétiens ni les musulmans ne mangent les viandes des ânes. Maintenant cette découverte est faite, une information judiciaire sera ouverte pour déterminer quand et comment ce réseau fonctionne. Que la population fasse beaucoup attention sur le marché quand elle achète de la viande. On ne sait jamais si réellement ces viandes sont destinées à l’exportation. L’enquête nous dira tous les contours et les auteurs répondront de leurs actes » confie le ministre Ahmat Mahamat Bachir.

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