Sécurité : les nouveaux défis dans la lutte contre Boko Haram

Sécurité : les nouveaux défis dans la lutte contre Boko Haram

Pris en étau entre quatre frontières, le Tchad, le Nigéria, le Niger et le Cameroun, Boko Haram semble recentrer son combat autour d’une guerre purement asymétrique.  Même de ce côté la secte est asphyxiée économiquement et matériellement. Ces deux éléments associés ont réduit cette  force de mal autour du Lac Tchad. Entre incapacité et désillusions après leur enrôlement, 1232 éléments de la secte ont décidé de regagner le bercail a annoncé le Dr Kodi Mahamat lors d’une conférence qu’il a animé sur la déradicalisation. Plus de 700 sont identifiés par leur entourage et ont pu réintégrer leur famille. Fruit de l’effort des comités de veille et de vigilance qui ont mené des campagnes de sensibilisation avec l’appui des autorités locales. Quelle est la suite à donner et où est la responsabilité de l’Etat ?

La question de la réinsertion des repentis

Il faut signaler en passant que le Niger a su anticiper sur cette question en créant des centres d’accueil et de réinsertion pour les repentis de Boko Haram. Au Tchad aucune structure n’a vu le jour dans ce sens. Les éléments de Boko Haram qui sont rentrés ne sont pas pris en charge par un mécanisme bien destiné. Si l’on estime que beaucoup sont des tchadiens d’autres ne le sont pas et sont entrés dans la foulée des déplacés et réfugiés. Si l’on cherche du côté de la radicalisation, il est évident que les questions socio-économiques sont les premières causes. A l’origine Boko Haram a exploité cette faille pour recruter le maximum de jeunes avec les conséquences que nous avons connues. Et si ces personnes sont revenues d’elles mêmes, il ne faut pas que les causes se reproduisent avec les mêmes effets. Il est impératif de créer des centres de rééducation pour les cantonner et leur trouver des moyens de subsistance.

Miser sur le développement socio-économique

Si le sentiment d’abandonnés a animé l’esprit des jeunes de la région du Lac, il faut penser désormais à développer les infrastructures pour renverser la tendance. Avec un taux de scolarisation parmi les plus bas du Tchad, l’analphabétisme est une porte ouverte aux esprits malveillants. Il s’impose au Gouvernement de construire des infrastructures scolaires, renforcer les centres de santé, lutter contre le chômage des jeunes en misant sur l’entreprenariat. Surtout il ne faut pas perdre de vue le loisir qui peut occuper et permettre aux jeunes de s’ouvrir et se brasser à d’autres communautés.

Apporter un appui conséquent aux comités de veille

Ces groupes de volontaires qui se sacrifient ont droit à un regard. Grâce à eux beaucoup de potentiels radicaliser sont dissuadés. Il ne faut pas qu’à la longue ils deviennent des instigateurs. Par ce que si leur efforts ne sont pas reconnus ils risquent de se lasser et cela aura des conséquences. Le Gouvernement doit prendre des dispositions que ces personnes reconnaissent le rôle si important qu’ils jouent à côté des forces de défense et de sécurité.

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